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Eurial adapte ses postes de travail pour limiter l'exposition de ses opérateurs aux gestes répétitifs

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Eurial cas d'entreprise

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976
Secteur d'activité
Code APE
Comment faire pour à la fois « gérer » les conditions de travail, maintenir dans l’emploi des personnels vieillissants ou en restriction d’aptitude, améliorer la productivité et réussir un projet de modernisation visant à réduire l’exposition des salariés aux risques professionnels…? Plus d’une entreprise se posent ces questions auxquelles elles n’ont pas toujours su porter des réponses concrètes par manque de savoir-faire ou simplement parce que ne sachant pas par quel bout s’attaquer aux problèmes. L’accompagnement d’un tiers est souvent utile pour « apprendre à faire » et, ce faisant, capitaliser cette expérience dans le but d’accroître sa propre compétence à gérer des projets futurs.

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Description 

Spécialisée dans la production de fromages de haut de gamme, la production de l’entreprise est caractérisée par une variabilité saisonnière des volumes. Une vingtaine de salariés en CDI sont répartis entre la fabrication (dont le lavage) ponctuée de commandes divers à petits volumes et le conditionnement, lieu de reclassement des inaptitudes médicales et assuré par une équipe essentiellement féminine. L’entreprise est par ailleurs engagée dans un contrat de prévention avec la MSA visant à sensibiliser les cadres à la problématique des TMS et à les former à l’analyse du travail et la gestion des améliorations continues.

Demande 

Le processus artisanal de production engendre des manutentions lourdes et des postures incommodes associées dans un cadre organisationnel à tâches répétitives, même si – comme c’est le cas pour cette entreprise – les salariés ne sont pas soumis à de fortes cadences et bénéficient d’une certaine autonomie.

Pour réduire la pénibilité du travail et la répétitivité de certains gestes, la direction croit bien faire en mécanisant la production… elle crée alors des postes des postes d’approvisionnement et d’évacuation soumis au rythme de la machine. Autrement dit, pensant les supprimer, elle n’a fait que déplacer les sources d’exposition aux risques. Elle fait alors appel à un cabinet conseil en ergonomie pour l'aider à réussir ce pas vers la modernisation par une analyse ergonomique et organisationnelle des situations de travail, avec le souci particulier de créer des postes adaptés au personnel vieillissant ou à capacité restreinte.

Démarche 

La méthodologie proposée par le cabinet conseil comporte trois phases:

• Le diagnostic ou phase consultative : étude des postes de travail existants avec les outils d’analyse propres aux consultants pour produire, une fois validée par les membres du comité de pilotage et des groupes de travail, des outils de simulation du travail futur ; c’est à ce niveau que le comité de pilotage définira des objectifs à atteindre sur la base d’une objectivation des situations de travail (activité de travail, incidents, etc.), d’une proposition de pistes de solutions et d’une évaluation de la faisabilité des projets du point de vue de leurs incidences quant au travail (simulation du travail futur probable, prototypages et essais d’organisation). Ce travail s’enrichira des représentations d’experts et de novices, de jeunes et de plus anciens, de conseillers de prévention et de maintenance ; elle simulera également diverses alternatives d’organisation du travail avec des rotations variées.



• L’accompagnement ou phase exécutive : simulation du travail futur en groupes de travail et en groupe projet, puis rédaction d’un cahier des charges fonctionnel en groupe de projet;



• La phase décisionnelle, celle de la réalisation des solutions préconisées : le cahier des charges s’assigne comme objectifs de limiter les gestes répétitifs, d’éviter les postures incommodantes et les efforts, et faciliter le maintien des personnes à capacités restreintes.



Cette démarche s’est fondée sur une construction sociale de l’intervention associant des opérateurs volontaires organisés en groupes de travail (experts et novices, jeunes et anciens, conseillers de prévention et maintenance), des cadres participants au groupe projet (responsables d’unité de production, de qualité, 2 représentants du groupe de travail un conseiller de prévention, le médecin du travail et des invités en fonction de l’ordre du jour), et la direction (entourée d’un comité de pilotage auquel participent le responsable de l’usine, les responsables RH et travaux neufs, et la MSA).

À chaque étape de l’intervention, ces trois corps interagissent et les échanges se déroulent dans des formats variés (réunions formelles ou simples rencontres ou entrevues rapides) qui font systématiquement l’objet de comptes rendus. L’objectif poursuivi est d’accroître la capacité des membres du groupe projet à assimiler les enjeux de la problématique santé.



À chaque étape-clé des projets également, le comité de pilotage se réunit pour valider les scénarios à étudier, réorienter ou réajuster l’intervention des consultants et animer le groupe projet qui a, à terme, vocation à devenir une instance de concertation des salariés sur les questions de conditions de travail.

Tous les projets de conception des nouveaux postes de travail sont évalués à l’aune des quatre critères suivants:

- limiter les gestes répétitifs,

- éviter les postures incommodes,

- éviter les efforts,

- faciliter le maintien dans l’emploi des personnes à capacités restreintes.



Ces mêmes critères ont ainsi servi pour l’étude des différents postes de travail suivants, identifiés comme pénibles et/ou incommodants, et donc à améliorer : coques et cartonneuse, soutirage de lait, froid (gilets), suivi des travaux, bassines de coagulation, raclage et pailles, salage mécanisé, fonds des bassins et conditionneuses/seaux, avec une attention particulière pour le mesure du bruit.

Bilan 

Les enseignements à tirer de cette intervention sont nombreux et significatifs. Ils peuvent être classés en quatre points fondamentaux:

- une adhésion immédiate, partagée et constructive des salariés (la multitude des thèmes identifiés et retenus collectivement en est la preuve);

- la prise de conscience par les salariés qu’ils peuvent être acteurs de l’amélioration de leurs propres conditions de travail actuelles et futures;

- la remise en cause, au niveau de l’encadrement, des approches de l’aménagement des postes de travail;

- l’intégration et l’implication des partenaires spécialisés permettent de modifier les méthodes de travail et d’organisation, notamment la libération de l’expression des salariés sur leurs conditions de travail.

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