Vous êtes ici

Enquête sur les TMS

Bloc des outils de page

Envoyer la page par email
Cas entreprise Mecabourg

A propos

Référence
165
Catégorie
Secteur d'activité
Effectif
Code APE
Région
Le médecin du travail d’une entreprise de distribution de produits surgelés constate qu’une majorité de pathologies de type « TMS » est concentrée sur l‘équipe de conditionnement de l’après-midi. Accompagnée par l’antenne ANACT Basse-Normandie, l’entreprise mène l’enquête pour identifier les multiples facteurs de la maladie.

Ajouter à ma liste de lecture

Qui ? 

Cette entreprise de 150 personnes, spécialisée dans la distribution à domicile de produits surgelés assure, à partir de ses trois plates-formes logistiques, la préparation et le conditionnement des commandes de particuliers. L’entrepôt bas-normand couvre, par l’intermédiaire d’établissements locaux approvisionnés tous les jours, toute la zone Nord Ouest de la France. Près de 100 000 produits - de quelques grammes (du persil) à plusieurs kilos (une dinde) - sont conditionnés chaque jour sur ce site.

Quel était le problème à régler ?  

Lors d’un CHSCT, le médecin du travail fait état de nombreuses plaintes de salariés de douleurs aux articulations du membre supérieur. Et cette même année, trois maladies professionnelles de type troubles musculo-squelettiques, ont été déclarées. Face à ce constat et sur incitation du contrôleur de la CRAM, la Direction du site sollicite l’Antenne ANACT. Elle souhaite, pour l’atelier de conditionnement où règne une température de 6° et qui emploie deux équipes de vingt salariées chacune (une le matin et une l’après midi), une aide pour une amélioration des postes de travail.

Qu’ont-ils fait ?  

Si le poste de travail nécessite effectivement quelques aménagements, le diagnostic court réalisé par l’ANACT met surtout en évidence le fait que ce sont les pathologies de type TMS sont très dépendantes des organisations du travail et de la production.


Après enquête, le médecin du travail constate que la majorité des pathologies affecte l’équipe d’après-midi. L’analyse poussée des indicateurs de production (cadences horaires réelles réalisées par les deux équipes) et de qualité (nombre de cartons nécessitant un rangement supplémentaire en sortie de process) pointe également l’équipe d’après-midi. Ce résultat, présenté au comité de pilotage mis en place au début de l’intervention et composé de membres de la Direction et du CHSCT (principalement l’encadrement), apparaît d’autant plus surprenant que les salariées les plus âgées font partie de l’équipe du matin.
En revanche, c’est dans l’organisation du travail, différente entre les deux équipes, que l’on va trouver des facteurs d’explication au fait que les TMS concernent surtout l’équipe d’après-midi.

L’équipe du matin, qui assure la production demandée, termine son travail chaque jour à 12 heures, heure de prise de poste de la deuxième l’équipe.
L’équipe d’après-midi, elle, quitte son travail dès que le dernier carton a été réalisé. Ce type d’organisation « fini quitte » incite les salariées à accélérer le travail pour en avoir fini plus tôt et être libre plus vite. Mais cela a pour effet pervers une intensification des gestes liés au poste de travail. De plus, chaque poste étant dépendant l’un de l’autre, tout arrêt de l’un paralyse la chaîne, et donc retarde l’heure de départ, ce qui génère entre l’opératrice « victime » de l’aléa et ses collègues de la tension pouvant aller jusqu’à l’émergence de TMS.

Les entretiens avec les salariées et les observations de la situation de travail ont également mis en évidence les effets liés aux différences de conditionnement initial des produits. En effet si certains produits se présentent individuellement devant l’opératrice, d’autres sont contenus dans des cartons ou sont « ficelés » à l’aide de films plastiques extensibles. Pour obtenir une seule unité, l’opératrice est donc obligée de désolidariser l’ensemble. Elle doit exercer des efforts « importants » pour déchirer le carton ou le film, cela peut entraîner des retards dans la confection du carton et sollicite fortement les articulations des épaules et des mains.

De plus, les réflexions des opératrices montrent que certains postes de travail sont plus difficiles que d’autres. On a ainsi observé que les postes incriminés pour leur fort taux de TMS étaient ceux qui recevaient le plus de produits filmés et cartonnés. L’organisation de la production qui répartit les produits par poste sur la base du poids et non sur le type de conditionnement apparaît donc également comme facteur potentiel de survenue des pathologies.

De même, l’analyse a permis d’établir des liens entre postes de travail et taux de TMS. À chaque unité mise en carton, l’opératrice doit confirmer sa commande en appuyant sur un bouton-poussoir. Or, celui-ci se situe à une hauteur d’environ 1,50 m ce qui oblige l’opératrice à répéter le même geste de 350 à 500 fois par heure, un geste qui sollicite fortement l’épaule. Enfin, le canal carpien est également très sollicité, car les opératrices « tapent » avec la main, côté paume, sur le contacteur. D’où le fait que les pathologies de type Syndrome du Canal Carpien (SCC) soient majoritaires dans les déclarations de maladies professionnelles.

Avec quels effets ?  

En dehors de la suppression du fini-quitte, des aménagements ont été mis en œuvre concernant une meilleure répartition des produits et une modification du bouton poussoir et l’entreprise a créé cinq groupes de travail. Deux sont orientés vers l’amélioration du matériel (poste de travail, armoires réfrigérées, …) deux planchent sur l’organisation du travail (équipes, temps de travail, lien avec la chambre froide, réduction des aléas, …) et un cinquième sur l’organisation de la production (ordonnancement des nouveaux produits, …).

Et indépendamment de ce travail de recherche et d’analyse, le fait de disposer de tous les éléments permettant d’expliciter le phénomène de survenue des TMS au sein de l’entreprise (données médicales, de production, de qualité…) a permis à l’entreprise de comprendre qu’il ne pouvait y avoir de solution unique toute faite (en l’occurrence de solution centrée exclusivement ici l’aménagement des postes de travail).

Méthodes et outils associés

1
2
3

La situation de crise pandémique actuelle nécessite pour les entreprises de combiner, dans le cadre de la continuité de l’activité, à la fois les m

Prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS) en viticulture

Pour aider les exploitations viticoles à prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS) la MSA Gironde et l’Aract Nouvelle-Aquitaine me

Présentation du questionnaire Evrest

Le questionnaire Evrest est l'un des outils de prévention et guides d’évaluation qui permettent de mieux évaluer les interventions en santé au

Se former

Cette formation permet d’acquérir les bases méthodologiques dans le but d'analyser les données...

close