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Du plomb dans l’air : une approche multifactorielle

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Cas entreprise Mecabourg

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Dans cette cristallerie, l’exposition au plomb est permanente pour les verriers comme pour les tailleurs. Le CHSCT pointe le tabac comme principal facteur de risque. Des analyses montrent que d’autres éléments sont à prendre en compte. L’entreprise investira massivement dans des équipements de traitement de l’air… et interdira de fumer dans ses locaux.

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Qui ? 

Cette cristallerie de Moselle Est, est spécialisée dans la fabrication de services en cristal, vases, coupes, pièces décoratives, lampes et lustres. Positionnée sur un marché «haut de gamme », elle emploie 334 personnes. La population est répartie sur le site en deux grands secteurs "chaud" et "froid" correspondants aux deux principaux métiers: les verriers et les tailleurs. La population est mixte (40% de femmes) mais la répartition est fortement liée aux métiers (90 % des verriers sont des hommes).

Quel était le problème à régler ?  

En 2003, le CHSCT de la cristallerie décide d'inscrire au plan de prévention une action "anti-tabac". Celle-ci fait suite à la démarche d’évaluation des risques professionnels et vise deux objectifs : se conformer à la loi Evin et prévenir le risque de plombémie.

En effet, le CHSCT identifie le tabac comme un facteur favorisant l’exposition au risque plomb par 2 phénomènes : chimique (combinaison des agents chimiques) et mécanique (transport du plomb lors de la succion de la cigarette).
Le CHSCT attend une aide méthodologique et des repères pour la mise en place des actions de terrain retenues par les partenaires sociaux.

Qu’ont-ils fait ?  

Dès l'analyse de la demande avec l'entreprise, il a été proposé d'élargir son périmètre. Il apparaît, en effet, que la problématique "tabac" est trop restrictive. Elle dépasse le seul domaine de la santé professionnelle pour toucher des questions individuelles de santé publique. De plus les connaissances scientifiques (vérifiées auprès de la CRAM) sur la prévention du plomb montrent que la cigarette est un vecteur d'exposition marginal.


C'est pourquoi il est proposé d'appréhender la question de la maîtrise (ou de la diminution) du risque plombémie dans sa globalité. L'intervention prend la forme d'un Diagnostic Court et garde pour cadre la commission anti-tabac, groupe ad hoc composé par les directions (RH et production), des représentants élus du personnel, des salariés, le médecin du travail et le conseil CRAM.


S'appuyant sur les travaux déjà entrepris par le Médecin du Travail et la CRAM, les intervenants cherchent et à recouper les différents indicateurs disponibles pour objectiver la relation plomb-tabac. Même si, dans l’entreprise, les indicateurs sur le risque plomb sont nombreux, ils renvoient à des champs différents : médical (contrôle sanguins, visite médicale, bilan annuel,…) technique (relevés et mesures de l'atmosphère, des aérations, de la ventilation,…) et ne sont pas exploités ensemble.

De plus, les représentations varient fortement en fonction des acteurs sur le degré d'importance du facteur de risque tabac. Tantôt il est perçu comme prépondérant, tantôt comme marginal.


Cette absence de représentation commune et de croisement des indicateurs engendre un débat au sein de l'entreprise qui amène à se recentrer finalement sur l'activité de travail et les conditions d'exposition au risque. Il est proposé d'arbitrer ces questions par l'analyse de l'activité de travail sur quelques situations pédagogiques en taillerie.


L'analyse de ces situations de travail sur la base de vidéo, montre que le risque plomb est le résultat d'une dynamique de facteurs et d'un "compromis entre des exigences de production et de protection". En effet, toute la subtilité –et la difficulté - du travail de taille consiste pour les opérateurs à être suffisamment proches du produit (exigence visuelles et tactiles fortes) tout en se protégeant des projections, des poussières dégagées et en utilisant au mieux les systèmes d'aspiration. Ce compromis est largement dépendant de l'expérience des opérateurs, de leurs niveaux de compétences, de leurs connaissances du risque, des équipements de travail et de protection, des produits taillés (poids, taille, volume,…), des conditions ambiantes (lumière, aspiration, ventilation,…).


Ces analyses permettent aux participants de passer d'une représentation univoque de l'exposition au risque (un facteur de risque = une solution) à une représentation globale des conditions d'exposition au risque qui nécessitent des actions à différents niveaux et simultanément.

Avec quels effets ?  

S'appuyant sur ces analyses et sur les conseils de la CRAM, l'entreprise a réalisé des investissements importants.


Ayant pris conscience que pour être efficace, l'action anti-tabac ne pouvait prévenir le risque plomb à elle seule, l'entreprise a décidé de la combiner à des mesures de prévention collective. Parallèlement à la mise en place de l'interdiction de fumer dans les ateliers, elle a investi dans des prototypes de capture et d'aspiration des poussières aux postes de travail, la rénovation de la toiture de l'atelier, le remplacement du système de chauffage, tous éléments intervenants dans le brassage ou le confinement de l'air de l'atelier.


Ces mesures participent à l'amélioration de la prévention de la plombémie puisque le médecin du travail a constaté une baisse "significative" des taux de plombémie lors des derniers contrôles sanguins.

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