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Développer la mixité dans le transport routier

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Le métier de transporteur routier véhicule une image très masculine qui peut rebuter d’éventuelles candidates à la conduite... Une tendance à inverser et une problématique à laquelle s’est attelée la région Champagne-Ardenne.

Quelques chiffres suffisent à dresser le constat de départ : dans le secteur du transport routier de marchandises, les femmes ne représentent que 3 % de la population totale des conducteurs. Une situation qui n’a guère évolué ces dernières années. La féminisation est, en revanche, en marche dans le transport routier de voyageurs, où la population féminine chez les conducteurs est d’environ 15 % et continue de progresser à un rythme soutenu chaque année.

Le développement de la mixité représente un réel enjeu dans un secteur où la qualification et les compétences demandées sont de plus en plus importantes, en même temps qu’il existe un besoin quantitatif d’emplois, la pyramide des âges étant peu favorable dans la profession. En Champagne-Ardenne, ce besoin, toutes familles confondues, est estimé à environ 700 personnes. En 2007, l’Assedic a comptabilisé dans la région quelque 670 projets d’embauche pour le métier de conducteurs routiers.

Peu de candidatures féminines

C’est en vue de la conclusion d’un nouveau contrat d’objectifs régional transport-logistique que l’Aract Grand Est s’est vue confier, par la DRTT (Direction régionale du travail des transports), une étude visant à repérer les freins au développement de la mixité dans les transports.

Le secteur étant très vaste, il a été décidé que cette enquête porterait sur le transport routier de marchandises et le transport routiers de voyageurs non urbain, ainsi que sur les emplois de conducteurs-conductrices, où les enjeux sont les plus prégnants. Dans les transports de marchandises, les rares femmes qui exercent le métier de conductrice mettent en avant les mêmes valeurs que leurs confrères masculins : l’amour de la conduite, l’intérêt pour les « gros véhicules », la recherche d’une forme de liberté...

Améliorer la régularité horaire

Mais celles qui envisagent de se porter candidates craignent d’une part le côté « macho » du milieu, d’autre part la discrimination à l’embauche. Une enquête GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences), menée au sein de la région par la FNTR (Fédération nationale des transports routiers) et la FNTV (Fédération nationale des transporteurs de voyageurs), montre cependant l’ouverture des employeurs sur la question de la féminisation des emplois, même si, dans le transport de marchandises, la plupart n’ont jamais été confrontés à une directeur de l’entreprise de transports Liébart candidature féminine.

Le transport des voyageurs connaît une situation quelque peu différente : la diminution des contraintes physiques et techniques aidant, la profession fait de plus en plus de place aux femmes, malgré les larges amplitudes horaires. Cette tendance s’explique aussi par l’importance du temps partiel dans la profession (28 % environ) et, dans le transport scolaire, par le fait que, de facto, le travail se déroule lors des périodes scolaires.

En premier lieu, ces différents secteurs mènent une action commune pour faciliter l’accès des femmes à l’emploi de conductrice en pointant le coût des permis qui bloque bien des projets de reconversion. L’Aract Grand Est préconise également des actions spécifiques. Pour le transport des marchandises, elle encourage, par exemple, à proposer des parcours visant à conforter les projets professionnels ainsi que l’amélioration de l’accompagnement des femmes pour leur intégration, notamment par le tutorat.

La recherche d’une meilleure régularité horaire constitue un autre axe important de travail. Dans le transport de voyageurs, où la mixité est en marche, le métier de conductrice reste à faire connaître aux personnes à la recherche de temps partiel et, par conséquent, de complément d’activité.