Vous êtes ici

Des TMS générés par des manipulations sous pression

Bloc des outils de page

Envoyer la page par email
Cas entreprise Mecabourg

A propos

Référence
481
Catégorie
Secteur d'activité
Effectif
Code APE
Région
Des gestes sous cadence, des ports de charge excessifs, des manipulations pénibles…, sur la ligne de fabrication de moteurs et de rotors de cette entreprise, les déclarations de maladies professionnelles augmentent chez les opératrices. Un groupe Ergonomie est chargé de travailler sur l'organisation de la production pour prévenir les TMS.

Ajouter à ma liste de lecture

Qui ? 

Intégrée à la branche européenne d'un groupe américain, cette entreprise fabrique principalement les rotors et les stators utilisés dans les moteurs électriques pour la réfrigération professionnelle (climatiseurs, armoires réfrigérantes…). Après plusieurs années d'importantes difficultés, la société est redevenue rentable.

Quel était le problème à régler ?  

L'entreprise est confrontée à une augmentation des déclarations maladies professionnelles. La problématique des troubles musculosquelettiques (TMS) n'est pas nouvelle dans l'entreprise et des actions ont déjà été engagées, telle la constitution d'un groupe Ergonomie depuis un an. L'entreprise souhaite disposer d'une vision plus globale de la problématique TMS, et notamment connaître ses liens avec l'organisation du travail, tout en renforçant la légitimité du groupe Ergonomie, qui dispose de peu d'influence et de marges de manœuvre.

Qu’ont-ils fait ?  

Suite à une analyse des données santé de l'entreprise, et notamment du recueil des plaintes relatives aux douleurs articulaires par le service infirmerie, la ligne de production LE3 du secteur Bobinage Hermétique (la fabrication des rotors et stators des moteurs d'éléments réfrigérants) est choisie comme situation caractéristique de l'activité. C'est elle qui va alimenter en informations le groupe Ergonomie, composé de deux ingénieurs Méthodes, de l'infirmière du travail, d'une responsable de lignes et de deux opératrices membres du CHSCT (dont la secrétaire).


La pénibilité du travail est manifeste sur cette ligne, notamment sur tous les postes du secteur bobinage sur lesquels les opératrices manipulent à la main les bobines de cuivres mises en place par des presses. Elles doivent isoler les phases de ces bobines, car leurs passages successifs en presses génèrent des zones de contacts entre ces différentes phases. Les membres supérieurs sont extrêmement sollicités et correspondent aux nombreuses déclarations de maladies professionnelles ainsi qu'aux demandes de soins infirmiers.


Autre source de pénibilité, les manipulations des moteurs (4 à 15 kg) s'avèrent bien plus nombreuses que ce qu'envisageaient jusqu'à présent la direction et le service Méthodes. Tellement nombreuses que le tonnage manipulé par jour est largement supérieur à toutes les préconisations des organismes de santé publique.


Ces deux aspects s'inscrivent dans un contexte de travail contraint par une production en augmentation, par une pression de la qualité qui induit un contrôle permanent des moteurs ainsi que des réparations. Ces dernières sont effectuées par une maintenance pas assez efficace (départ massif en retraite, perte de compétence, diminution d'effectif) compte tenu de la vétusté de l'appareil de production.


Résultat : les opératrices sont sans cesse en "rattrapage" ; elles sont sous une pression du temps permanente. D'autant que la mise en place récente d'un management par Unité Elémentaires de Production leur rappelle quotidiennement que la production demandée n'est pas atteinte.


S'ajoute donc un questionnement sur la pertinence du calcul des temps de production par moteur effectué par le service des Méthodes. En effet, outre les dysfonctionnements récurrents des machines, tous les moteurs ne demandent pas le même travail aux opératrices, alors que les temps de production sont les mêmes pour bon nombre d'entre eux.

Autant d'éléments qui conduisent le service des Méthodes et le groupe Ergonomie à proposer des premières pistes d'amélioration au CHSCT.

Avec quels effets ?  

La direction s'est engagée à valider une conduite de projet participative autour du groupe Ergonomie, afin de mieux appréhender les aspects organisationnels de la production : maintenance insuffisante, calcul des temps, enchaînement des séries de différentes références de moteurs sur les lignes… En effet, les pistes d'actions envisagées par le service Méthodes ne prenaient en compte que l'aspect biomécanique de la pénibilité, donc des modifications de l'outillage. Ce qui n'a pas manqué de générer un vif débat.
Le groupe Ergonomie s'est vu confier cette tâche, avec l'appui des opérateurs de la ligne (et d'autres lignes). D'autres services de l'entreprise ont aussi été sollicités afin d'étoffer le groupe (qualité, production).

Méthodes et outils associés

1
2
3

La situation de crise pandémique actuelle nécessite pour les entreprises de combiner, dans le cadre de la continuité de l’activité, à la fois les m

Prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS) en viticulture

Pour aider les exploitations viticoles à prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS) la MSA Gironde et l’Aract Nouvelle-Aquitaine me

Présentation du questionnaire Evrest

Le questionnaire Evrest est l'un des outils de prévention et guides d’évaluation qui permettent de mieux évaluer les interventions en santé au

Se former

Cette formation permet d’acquérir les bases méthodologiques dans le but d'analyser les données...

close