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Départs à la retraite : préserver les compétences-clés

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Cas entreprise Mecabourg

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Référence
502
Catégorie
Secteur d'activité
Effectif
Code APE
Le renom de cette soierie repose sur son savoir-faire ancestral. Comment le conserver alors que des ouvrières doivent prochainement partir à la retraite ? L'entreprise repense son organisation pour intégrer l'apprentissage des nouveaux venus, sans perturber la production.

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Qui ? 

Cette entreprise réalise du tissage de soieries sur un marché de niche : l’ameublement de luxe. Elle se démarque de ses concurrents par son savoir faire ancestral. De renommée mondiale, elle exporte 70 % de ses produits. Pour répondre aux exigences de ses clients prestigieux, elle s’est diversifiée vers la teinture.

Quel était le problème à régler ?  

Une partie des salariées doit partir à la retraite d’ici 5 ans. Alors que l’avantage concurrentiel de l’entreprise se base sur le savoir faire de ses ouvrières, il est difficile de trouver des salariés qualifiés et il n’existe pas de formation sur le métier dans la région. La dirigeante envisage également de revoir l’organisation du travail afin de se consacrer davantage à la création des collections.

Qu’ont-ils fait ?  

Le risque est réel de voir disparaître de l'entreprise des savoir-faire détenus par les salariés expérimentés qui vont partir à la retraite. Ce risque est d'autant plus grand que l'organisation du travail n'est pas optimale : en particulier, les rôles et missions de l’encadrement s'avèrent assez flous. Il s'agit donc d’intégrer la transmission des savoirs à l’organisation du travail, en prenant en compte le temps nécessaire à l’apprentissage, sans nuire à la productivité.

Particularité de cette entreprise, les savoirs sont basés en partie sur les aptitudes sensorielles (toucher, vue, ouïe). Seule une formation en situation de travail permet d'appréhender au mieux les gestes et de développer l’acuité visuelle et auditive. L'entreprise doit donc définir des modalités de transmission des savoir-faire en intégrant l’apprentissage dans le procédé de fabrication.

Il faut d'abord repérer les compétences critiques, à partir des situations de travail dans lesquelles le salarié doit faire face aux aléas de fabrication. Quels sont les savoirs mobilisés lors des cassages de fil, des défauts de matière et des pannes machines ? Pour répondre à cette question, deux groupes de travail sont mobilisés sur deux métiers : ourdissage (préparation de la nappe de fils) et tissage.



Il s'agit en fait de valoriser les diverses pratiques professionnelles. Le travail mené avec les deux groupes confirme la place prépondérante de l’acuité visuelle et la dextérité manuelle dans l’exercice du métier. Des savoir-faire de prudence sont également développés et limitent les risques d’accidents du travail.



Une fois identifiées les diverses compétences nécessaires, il faut construire le parcours de professionnalisation du nouvel embauché. La solution du binôme tuteur/tutoré est écartée au profit d'une formation interne dispensée par une équipe tutorale composée de différents salariés. Cette façon de procéder permet de transmettre des savoirs de différentes façons. Avec cette approche collective, le nouvel embauché construit sa propre méthode de travail grâce à la richesse des pratiques.



De plus, former un débutant par un collectif est un moyen de préserver la productivité de l’entreprise. Les moments d'apprentissage s'adaptent en fonction des urgences de fabrication.



Enfin, la dirigeante détermine les missions qu’elle peut déléguer. Ce qui lui permet de penser la future organisation et le projet d’entreprise tout en intégrant le parcours professionnalisant dans la fabrication.

Avec quels effets ?  

Le fait de travailler conjointement sur l'organisation et la transmission des savoirs a permis de faciliter l’avancée du projet : les moyens nécessaires (temps, formation et reconnaissance des tuteurs…) ont été pris en compte ; le pilotage a été mené en interne avec une délégation de missions ; l’ensemble des acteurs s'est approprié la démarche.

Cette expérimentation servira de base pour construire un dispositif à destination des entreprises concernées par la question de la préservation des compétences critiques.

Méthodes et outils associés

Tout en soulignant la prépondérance des savoirs d’expérience acquis par la pratique, les entreprises peinent à les identifier et à les formaliser&n

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