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Départ en retraite : conserver les compétences dans l'entreprise

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Cas entreprise Mecabourg

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Chez un leader européen du marché du sac plastique tissé, 70% des extrudeurs partent en retraite dans les 5 ans à venir. Les indispensables recrutements de jeunes, qui échouaient jusque là, reprennent grâce à un processus d’intégration au métier et par l’analyse des besoins en compétences et transfert.

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Description 

Créé en 1925, ce site est un ancien bastion du textile. Racheté en 2002 par une entreprise d’emballage, il est leader européen sur le marché des sacs tissés pour les produits alimentaires et agricoles. Les 40 salariés se répartissent dans deux secteurs : l’extrusion qui consiste en la transformation de granulés plastiques en film et le tricotage qui donne leurs formes définitives aux sacs.

Demande 

La production au tissage est largement dépendante de la qualité des produits qui sortent de l’extrusion. Or, 5 extrudeurs sur 7 sont concernés par des départs en retraite dans les cinq ans qui viennent. Il s’agit d’un enjeu de préservation d’une compétence sensible pour l’entreprise. C’est le savoir faire issu de l’expérience qui permet aujourd’hui d’éviter les défauts qualité. La direction a prévu de recruter des jeunes avec une formation en interne. Elle sollicite une intervention sur cette problématique de recrutement et d’intégration.

Démarche 

La préservation des compétences et savoir-faire des extrudeurs est essentielle pour le site, reconnu pour la qualité de ses sacs. L’expertise des extrudeurs permet en effet d’anticiper les incidents possibles, alors que chaque problème peut se traduire par une perte de production.

Préserver ces savoir faire est d’autant plus primordial pour l’entreprise qu’il existe peu de personnes formées au métier - en l’absence de centre de formation à proximité - et que l’outil de production est ancien.

L’intervention s’articule autour de la collecte et de l’analyse de données, d’entretiens et d’observations de situations de travail, de la construction d’outils de pilotage et de la mobilisation d’acteurs externes pour le recrutement, notamment l’ANPE.

Les données démographiques rendent visible l’ampleur de la question des départs de salariés sur le site. Les extrudeurs ne sont pas les seuls concernés puisque 30% de l’effectif du site doit être renouvelé dans les cinq prochaines années, dont le responsable de production, seul encadrant direct du site.



L’analyse des tâches à l’extrusion montre qu’elles consistent à la fois en manutentions manuelles avec des ports de charges, et en différents niveaux de réglages et de contrôle qualité. Ces tâches ne sont pas formalisées. Il n’existe ni procédure, ni fiche de poste. L’expertise des extrudeurs repose sur des savoir faire devenus largement implicites (mélanges pour la coloration, réglages et contrôles qui permettent d’anticiper les problèmes, etc).


Le travail est organisé en binôme comprenant un extrudeur et un aide-opérateur.

L’ancienneté des salariés, au poste et au sein de l’entreprise (parfois plus de 30 ans), fait que les binômes se connaissent très bien (« On forme un vieux couple »).

Au regard de ces éléments, la direction a souhaité favoriser le transfert direct de savoir faire, mais également que certains savoirs soient formalisés et donc préservés pour l’avenir.

Deux axes d’actions sont envisagés : l’analyse des besoins en compétences et les modalités de transfert ainsi que l’élaboration d’un processus d’intégration des nouveaux au métier et à l’entreprise.


L’entreprise est amenée à réfléchir sur son processus d’intégration au regard de la réalité du travail et des contraintes des extrudeurs, mais aussi de leurs points de vues quant aux conditions requises pour une bonne intégration des nouveaux.


Ainsi, la période d’essai est vue comme une véritable période de test, tant pour l’entreprise que pour la personne recrutée. Un dispositif d’évaluation en milieu de travail préalable à l’embauche sous forme d’un stage d’accès à l’entreprise est conçu et validé par l’ANPE.

Pour l’entreprise, il s’agit de vérifier l’acquisition de certains savoir et/ou savoir-faire attendus à des moments clés à partir d’un outil d’évaluation de la progression du postulant. Cela permet également au nouvel arrivant de se faire une idée du poste de travail et du fonctionnement général de l’entreprise à travers un parcours d’intégration élargi passant notamment par le secteur du tricotage.



Le processus ainsi construit est formalisé par écrit puis validé par la direction et les extrudeurs. Il s’accompagne d’un outil de suivi des acquisitions.

Bilan 

L’intervention avait pour objet d’aider l’entreprise à comprendre son problème et à formaliser une démarche et des outils pour agir ... Elle s’est appuyé sur un diagnostic global qui a servi à la direction pour élaborer un processus d’intégration au métier et à l’entreprise ainsi que pour l’analyse des besoins en compétences et modalités de transfert à envisager.

Sur les deux dernières années, les tentatives de recrutement s’étaient toutes soldées par des échecs. Les évolutions engagées depuis ont conduit à des recrutements au sein de l’entreprise. Aujourd’hui, le processus est lancé. Il devrait permettre à l’entreprise de pérenniser son activité sur le site et de se doter d’outils pour anticiper les besoins à venir.

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