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De l'influence des conditions de travail sur la transmission des compétences

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Cas entreprise Mecabourg

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523
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Confrontée à court terme à de nombreux départs en retraite, cette pépinière souhaite transférer les savoir-faire de ses salariés expérimentés vers les nouveaux arrivants. Mais la transmission et le maintien des compétences passent aussi par l'amélioration des conditions de travail pour préserver la santé du personnel.

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Qui ? 

Cette pépinière cherche de nouvelles variétés, produit des arbres fruitiers, des rosiers, des porte-greffes, des plantes annuelles et vivaces ainsi que des petits fruits. Elle fournit des jardineries et vend à distance aux particuliers ainsi qu'à d'autres enseignes.

Outre les 138 permanents, l'entreprise embauche une cinquantaine de salariés saisonniers sur des périodes courtes entre septembre et novembre.

Quel était le problème à régler ?  

L'entreprise constate que ses salariés les plus anciens ont un savoir-faire spécifique. Face aux nombreux départs en retraite prévus sur des activités clés, elle souhaite entamer une démarche de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC).

Par ailleurs, le métier reste très manuel et pose des questions de santé à long terme pour les salariés anciens mais aussi pour les nouveaux arrivants et les personnels saisonniers. C’est donc son attractivité qui est en jeu.

Qu’ont-ils fait ?  

Conserver les compétences spécifiques au métier, jusqu'ici peu identifiées, alors que le personnel se renouvelle ; et favoriser l'amélioration des conditions de travail pour tous les salariés en identifiant les savoir-faire de prudence et les gestes qui permettent aux salariés les plus expérimentés de préserver leur santé.

Toute l'originalité de la démarche repose sur ce double objectif. En effet, cela revient à considérer que la transmission et le maintien des savoirs passent, certes par l’identification des compétences clés, mais aussi par la préservation de la santé et l’attractivité du métier, donc par les conditions de travail. Il s'agit de relever ce qui facilite ou, au contraire, freine le transfert et le développement des compétences, et ce, dans trois domaines : la technique de travail, le matériel et l’organisation.



Concernant le matériel, l’accent est mis sur l’importance de la qualité des équipements en fonction des particularités de l’activité et sur la technique d’entretien du matériel par les salariés. Par exemple, un affûtage des outils facilite l'exécution du travail, tout en garantissant une meilleure qualité de production.



Sur la technique, différentes méthodes de coupe ont été identifiées. Elles dépendent bien sûr de ce que l'on veut obtenir, mais également de chaque individu – par exemple, un droitier ne coupe pas comme un gaucher – et des outils utilisés. Si l'entreprise veut transmettre ses compétences, il faut donc qu'elle forme les nouveaux arrivants aux différentes techniques, chacune étant adaptée pour parvenir au bon résultat.



Enfin, l’organisation pose deux problèmes essentiels. Une partie de l'activité qui impose des gestes très répétitifs est concentrée sur une seule période. Mieux vaudrait donc la répartir sur l'ensemble de l'année.



Par ailleurs, l'organisation ne favorise pas la transmission de compétences. En effet, les nouveaux venus ne s'adressent qu'à leur chef d'équipe. Les salariés les plus anciens pourraient leur expliquer certaines techniques, mais ils ne sont pas assez reconnus. Il faut donc redéfinir la notion d'équipe pour favoriser les échanges entre le personnel expérimenté et les nouveaux embauchés.



Concrètement, une fiche destinée aux nouveaux arrivants est réalisée. Elle contient des éléments sur les opérations clés à réaliser, sur les gestes qui permettent de se préserver, sur l’organisation du travail et les interlocuteurs privilégiés.



Des pistes d’action sont proposées en matière d’organisation du travail, de manière à faciliter le travail d’équipe et le développement des compétences des salariés nouvellement embauchés ou qui pourraient élargir leur activité.

Pour quels effets ?  

L’importance de la participation des salariés experts a été valorisée. Le document produit a montré l’intérêt de cette démarche.

Encouragée par cette expérience réussie, l’entreprise souhaite aujourd’hui aller plus loin, notamment sur l’analyse ergonomique des postes de travail.

Elle souhaite aussi poursuivre le travail sur d’autres activités exercées dans l’entreprise, et ainsi généraliser la démarche.

Le principal enjeu sera maintenant de réussir à impliquer les salariés à chaque niveau. En effet, les acteurs de l’entreprise ont perçu l’importance du temps à consacrer à ce type de démarche.

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