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Cosmétique Active France améliore la santé des salariés d'une de ses plateforme logistique

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A propos

Dans cette entreprise, une plateforme logistique du premier groupe mondial de cosmétiques, le nombre d’accidents du travail a fortement augmenté ces dernières années : 6 contre 1 en 2008 et 1 en 2007. Pour 5 d’entre eux, ils sont liés au port de charges lourdes et sont en partie la cause des restrictions médicales pour cette activité. Cette situation a fait l’objet d’échanges fructueux entre la direction et le CHSCT qui sollicitent ensemble l’aide d’un cabinet de consultant externe pour identifier les facteurs de risque et mettre en place des actions de prévention et d’amélioration visant à réduire ce risque.

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Qui ? 

Cette plateforme logistique réceptionne des produits du premier groupe mondial de cosmétiques, les stocke puis en prépare les commandes et les expédie aux différents clients en France et à l’étranger. 55 salariés polyvalents (renforcés en moyenne d’une vingtaine d’ETP d’intérimaires en mars et octobre) sur un effectif total de 80 travaillent dans un atelier à deux zones sur la base d’un rythme de 2 x 8. L’atelier assure deux types de conditionnement : le détail et le standard. La zone de réception et de stockage compte 7 salariés qui réceptionnent environ 4 à 5 camions de produits par jours, soit environ 150 palettes et qui stockent jusqu’à 6000 palettes en pleine charge. Les salariés de cette zone sont essentiellement des caristes. La seconde zone abrite différentes catégories d’opérateurs autour des activités de préparation et d’expédition de commandes.

Quel était le problème à régler ?  

Après réception et stockage des produits, l’atelier assure la préparation au détail (picking), l’acheminement via des convoyeurs automatiques de cartons composant une commande, le «bin tri» (préparation), le chargement dans les camions, le stockage des consommables, la gestion des retours. L’organisation du travail et l’ergonomie des postes sont réinterrogés dans le contexte d’accidents du travail survenus dernièrement, avec des effets invalidants pour les salariés. Après avoir consulté le CHSCT, la direction souhaite engager, avec l’appui d’un consultant, une réflexion sur la sécurité et la pénibilité sur certains postes et pour certaines activités. De la politique de prévention qui sera élaborée avec l’ensemble des salariés, elle espère un réel impact non seulement sur la santé des opérateurs mais aussi sur la performance du site.

Qu’ont-ils fait ?  

Un comité de pilotage composé de représentants de la direction et du personnel, de la responsable ETNSHE (Entretien Travaux Neufs Sécurité Hygiène Environnement), du médecin du travail et de responsables d’équipes, est mis en place et animé par un consultant externe. Très vite les attendus se cristallisent autour de l’activité des préparateurs de commande au détail et standard, du « brin tri » (préparation des palettes), de réapprovisionnement en cartons standard de la zone « picking détail » et des caristes de quai.



Un groupe de travail est créé qui rassemble un représentant de chacun des métiers ci-dessus et qui est chargé de définir les besoins, valider les hypothèses de travail et de co-construire les préconisations. Après la phase de recueil et d’analyse des données documentaires et bibliographiques à partir des supports écrits dans l’entreprise (procédures de travail, volumes d’activité, DU, Bilan social, fiches de poste, etc.), le consultant s’est attelé à l’analyse ergonomique de l’activité en ayant recours, pour la collecte des données, les outils utilisés par l’ergonomie: la vidéo, la photo, le microphone, la chronoactivité, etc.. Avec des points de vigilance sur:

- les contraintes physiques, organisationnelles et temporelles ainsi que la charge mentale qui s’exercent aux postes identifiés lors du recueil des attentes ;

- les modalités de prises d’informations (nature, nombre, fréquence, etc.) ;

- la variabilité, la gestion et les régulations des flux ;

- la manière dont les salariés font face aux diverses situations de travail et leurs marges de manœuvre ;

- le type de situations de travail collectif (co-activité, coopérations, etc.).



À la suite de cette première phase d’observations et d’entretiens, le consultant approfondit l’analyse sur des postes et des situations ciblées en ayant recours à des techniques particulières (hétéro ou auto-confrontation, entretiens d’explicitation, etc.) en fonction des investigations visées.

Le diagnostic partagé pointe plusieurs insuffisances ou dysfonctionnements dont les principaux sont : - une sous-estimation de l’activité des monteurs de chaîne ;

- un écart entre la prescription et l’activité réelle, une situation délétère pour les salariés, et source d’usure professionnelle ;

- des savoir-faire de protection, et des compétences avérées, mais d’un niveau hétérogène dans l’atelier ;

- des aléas et dysfonctionnements non pris en compte dans l’organisation ;

- une émergence de situations à risque non anticipée ;

- un management sécurité et une évaluation des salariés peu adaptés à l’activité réelle.



Le plan d’action structuré en plusieurs projets a été élaboré autour de chacun de ces points du diagnostic :

- revaloriser l’activité des monteurs (plus de temps ? plus d’effectifs ? formation des autres caristes ?) ;

- limiter les dysfonctionnements et assurer la fiabilité des machines (robot, chariots et matériel informatique) ;

- assurer la fiabilité de l’informatique embarquée et en assurer l’adéquation avec la réalité du travail (comptage des produits, des palettes et des PLV, etc.) en diminuant, par exemple, les contraintes du comptage des palettes avant chargement et en réduisant le recours au gerbage de palettes et en passant de 33 à 25 palettes par camion).

Avec quels effets ?  

Dans la foulée, le plan d'action a été enrichi, avec la participation des salariés, d'un volet formation et de l'élaboration puis la mise en œuvre d'outils divers d'analyse, de gestion et d'évaluation. Plus précisément, il est question de:

- structurer la formation des nouveaux et développer le tutorat (en favorisant l’échange de pratiques en vue de la préservation des savoir-faire : création d’un catalogue de savoir-faire, participation des agents statutaires volontaires à la formation AXOS, accompagnement des nouveaux par les agents statutaires lors de la phase de formation « terrain », etc.) ; organiser des visites dites « MESUR », c’est-à-dire des temps d’évaluation ou dédiés à l’identification et le transfert de savoir-faire ; former les intérimaires (une main-d’œuvre moins compétente mais sollicitée à des moments où les situations de travail sont davantage « à risque ») ;

- mieux gérer l’absentéisme imprévu (travailler sur des indicateurs pertinents et améliorer le taux de présence) ;

- faire évoluer le management sécurité et des critères d’évaluation des salariés, former le management à mieux prendre en compte l’activité de ces derniers et optimise la remontée des informations « terrain » ;

- faire évoluer les outils d’analyse des accidents du travail et former à leur utilisation (relevé systématiques d’un certains nombre d’indicateurs et identification des causes).

Méthodes et outils associés

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