Vous êtes ici

Conciliation vie professionnelle - vie personnelle : les enjeux

vie professionnelle-vie personnelle

logo FSE projet conciliation des temps

La conciliation vie professionnelle-vie personnelle soulève plusieurs types d’enjeux liés aux exigences du marché, aux contraintes de production, aux situations familiales et aux caractéristiques du territoire (transports collectifs, crèches…). La prise en compte de ces différentes dimensions est nécessaire pour résoudre l’équation vie privée-vie au travail.

Confrontés aux horaires atypiques (40% de l'emploi en France selon la DARES, 2013) et à l'intensification du travail, les salariés, femmes et hommes, recherchent des solutions pour tenir, dans la durée, leurs responsabilités professionnelles et personnelles. Ils aspirent à une meilleure articulation des temps. Ainsi, lorsqu’il est demandé aux Français de préciser ce qu'ils associent à la qualité de vie au travail, la conciliation entre vie professionnelle et vie professionnelle arrive en deuxième position, juste après la nature du travail (enquête Anact mai 2013).

Si la conciliation des temps apparaît comme un sujet prioritaire, c’est parce que les salariés ressentent de plus en plus de difficultés à articuler leurs responsabilités professionnelles et personnelles. Il apparaît impossible de négliger la diversité des situations individuelles (devoirs familiaux, engagements citoyens, associatifs, aspirations aux loisirs...) ni les nouveaux enjeux liés à l’allongement de la vie. Outre le soutien de leurs enfants et jeunes adultes, de plus en plus d’actifs -généralement des femmes- ont également à prendre en charge leurs propres parents ou à assurer une présence auprès des petits-enfants.

L’entreprise est de son côté confrontée à des exigences de plus en plus fortes de flexibilité et de réactivité de la part du marché, des donneurs d’ordres, des clients ou des bénéficiaires. Aléas de la demande, saisonnalité de l’activité, délais raccourcis, demande de l’internaute à être livré dans les 24 hrs. autant de contraintes qui, s’ajoutant aux aléas et contraintes internes (process en continu, risques de ruptures de stock, continuité de services…), incitent l’entreprise à accroître sa souplesse avec l’ouverture le dimanche, les heures supplémentaires, le développement des horaires atypiques, le flux tendu, les usages des technologies de l’information... Ces pratiques n’ont pas toujours les effets escomptés tant au plan de la performance (retards, surcoûts…), qu’au plan social (absentéisme, stress, inégalités hommes femmes…), et au plan managérial (casse-tête de la gestion des plannings, négociation des temps de travail…).

Afin de résoudre l’équation entre les attentes individuelles et les contraintes productives les acteurs de l’entreprise imaginent et négocient une variété de dispositifs: horaires flexibles, transports collectifs, plateformes d’information et d’orientation sur la prise en charge de proches dépendants (jeunes enfants, parents âgés...), services de conciergerie, crèches d’entreprise, télétravail... Si nul ne doute de l’intérêt de ces dispositifs pour les salariés qui les utilisent, force est de constater que les populations bénéficiaires sont minoritaires. Il s’agit donc de mesures « à la marge ». D’une part, elles ne renvoient pas aux sources des difficultés de conciliation et ne permettent pas de les réduire durablement ; d’autre part, leur coût en limite significativement le développement à toutes les entreprises (PME incluses), ainsi qu’à tous les champs de la vie hors travail.

Face à ces constats et pour dépasser les limites d’une gestion individualisée, il est important de considérer que les dispositifs visant la conciliation des temps ne sont pas équivalents et n’apportent pas la même souplesse. On distingue ainsi :

  • Les mesures qui améliorent l’équipement du territoire : transports collectifs, co-voiturage, accès aux services publics...
  • Les aménagements individuels du temps de travail : télétravail, horaires flexibles, temps partiel...
  • L’action sur l’organisation du travail : nouvelle répartition de la charge de travail, polyvalence, autonomie des collectifs dans la gestion des temps, usages raisonnés des technologies de la communication, information aux clients, (re)négociation avec le donneur d’ordres, refonte des équipes, meilleure anticipation de l’activité, ...

Face à la diversité des attentes individuelles et à la montée des exigences des clients ou des usagers, la combinaison des trois types de leviers est sans doute la bonne voie pour construire des modalités de conciliation vertueuse au plan soclal et économique. Avec à la clé, un renforcement de l’attractivité et de l’image de l’entreprise, une réduction du turnover et de l’absentéisme, une cohésion plus pérenne et une efficacité accrue au travail.