Vous êtes ici

Conception d’équipements : une opportunité pour agir sur les conditions de travail

Bloc des outils de page

Envoyer la page par email
Cas entreprise Mecabourg

A propos

Référence
178
Catégorie
Secteur d'activité
Effectif
Code APE
Une entreprise de l’agroalimentaire souhaite réimplanter une ligne de conditionnement. La volonté d’impliquer les opérateurs, de comprendre les difficultés rencontrées et l’appropriation par les concepteurs de cette nouvelle démarche feront du projet une réussite en faveur des conditions de travail et des conditions de production.

Ajouter à ma liste de lecture

Qui ? 

Cet établissement de 146 salariés est spécialisé dans la fabrication de biscuits (boudoirs et cuillers). La direction souhaite implanter de nouvelles machines de conditionnement.

L'entreprise sollicite l'ARACT Pays-de-la-Loire dans le cadre de son prjet. Si l’objectif est bien de créer un outil lui permettant de conforter sa place sur son marché, elle a le souci que la recherche de performance de ces nouvelles machines prenne en compte non seulement des aspects de productivité mais aussi la dimension prévention des risques professionnels.

Quel était le problème à régler ?  

Dans les signes de dysfonctionnements qui apparaissent depuis peu dans l’entreprise, les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont soulignés par plusieurs acteurs. Cependant, les marges de manœuvre apparaissent très limitées car l’entreprise travaille essentiellement pour la grande distribution avec une contrainte forte de productivité qui se répercute sur les cadences de production.

L’entreprise sollicite l’ARACT pour l’aider à prendre en compte la dimension conditions de travail dans ce projet.



Intégrer les conditions de travail à l’occasion d’un projet de modernisation ne consiste pas simplement à valider des choix de solutions techniques qui respecteraient des normes «ergonomiques». Il s’agit davantage de mettre en œuvre une démarche spécifique qui s’intègre aux différentes phases du projet et qui démarre le plus en amont possible du projet.

Qu’ont-ils fait ?  

Comprendre le travail pour identifier les risques en amont du projet



La première étape de cette démarche a consisté à réaliser une analyse de la situation avant transformation dans l’objectif de comprendre le travail réalisé par les opérateurs et identifier les risques d’apparition de TMS. Cette analyse, basée sur des observations et des entretiens en situation de travail, a permis de repérer plusieurs causes. Par exemple, la conception de la chaîne de conditionnement entraînait des postures à risque (écartement excessif des bras, flexion et extension des poignets) lors de la prise et dépose des modules (biscuits sous blister). Toutefois, les causes n’étaient pas seulement d’ordre technique mais renvoyaient aussi à des aspects organisationnels : la difficulté à gérer les dysfonctionnements. Concrètement, l’absence de «poumons» ou de stock tampon pour absorber les dysfonctionnements obligeaient les opérateurs à improviser dans l’urgence la constitution de stocks dans un espace peu adapté avec des risques pour le dos. La réintroduction sur la ligne des biscuits stockés temporairement se traduisait ensuite par une augmentation des cadences, autrement dit des gestes plus répétitifs et des risques de bourrage accrus.


Au final, il s’agit de situations de tension souvent génératrices de risques TMS. La principale ressource offerte aux opérateurs pour gérer l’urgence est basée alors sur l’entraide spontanée et une «auto-gestion » du collectif. Toutefois, cette stratégie suppose des repères en terme de répartition des tâches et de communication entre collègues ce qui réinterroge le besoin de stabilité au niveau de l’équipe (organisation des rotations sur les postes) et le besoin de formation pour les nouveaux.


Ces différents points analysés ont alors été discutés auprès de différents acteurs de l’entreprise (opérateurs, responsable travaux neufs, responsable de production, chefs d’équipe). L’objectif était de valider des pistes d’amélioration, d’enrichir le cahier des charges sur ces bases et de préciser les modalités de poursuite du projet.



L’implication des opérateurs en phase de conception



Quatre axes d’études ont alors été retenus par l’équipe projet et menés par des groupes de travail impliquant les opérateurs :

  • Valider la faisabilité de certaines pistes techniques (sens de circulation des modules, empilage des biscuits pour limiter les cadences, «poumons» sur tapis pour faciliter la gestion des dysfonctionnements) ;
  • Valider et enrichir le schéma d’implantation envisagé en prenant notamment en compte les communications et déplacements nécessaires pour les différentes opératrices ;
  • Travailler sur les dysfonctionnements de la chaîne (fiabilité de la machine d’emballage) ;
  • Améliorer la formation des nouveaux (modalités d’apprentissage) au conditionnement et à la fabrication.

Une étape d’évaluation indispensable



Cette démarche ne s’est pas arrêtée à l’implantation des nouveaux équipements. Un bilan du projet, mené en lien avec les opérateurs, s’est traduit par des actions complémentaires pour améliorer la gestion des dysfonctionnements, notamment en réalisant des systèmes de stockage mobile.

L’évaluation constitue une étape indispensable du projet, permettant de corriger des difficultés non identifiées en phase de conception et surtout de vérifier l’appropriation par les opérateurs des changements engagés.

Avec quels effets ?  

L’évaluation constitue une étape indispensable du projet, permettant de corriger des difficultés non identifiées en phase de conception et surtout de vérifier l’appropriation par les opérateurs des changements engagés.

Enrichir un cahier des charges avec des objectifs d‘amélioration des conditions de travail, en partant d’une analyse qui prend en compte les réelles difficultés rencontrées en situation de travail, c’est proposer aux concepteurs des données complémentaires qui permettent d’enrichir la recherche de solutions pour des choix plus efficaces.



Par exemple :

  • Le sens d’arrivée des biscuits a été modifié, supprimant ainsi les rotations manuelles des modules ;
  • Le retournement des biscuits a rendu possible l’empilement des biscuits avec à la clé une réduction des contraintes de répétitivité pour l’opérateur et une meilleure facilité de préhension pour des cadences supérieures ;
  • Des tablettes pour des stocks d’urgence ont été installées, facilitant ainsi l’absorption des dysfonctionnements.

Le travail assis devient possible.


Ces solutions sont bien le résultat d’un apprentissage conjoint entre opérateur et concepteur suivant la logique « gagnant – gagnant » et se traduisent par des gains de productivité, de qualité et une amélioration nette des conditions de travail.

Méthodes et outils associés

1
2
3
gamme travail & réalités

Depuis plusieurs années, nous développons une gamme de jeux pédagogiques, intitulée "Travail & Réalités".

outils travail

Le réseau Anact-Aract propose différents outils et services destinés à ceux qui s'engagent dans des projets d'amélioration des conditions de travai

Publiées dans un supplément au n°345 de la revue Travail et changement, ces 12 propositions sont autant de voies d’amélioration du fonctionnement d

close