Vous êtes ici

Comprendre le "geste professionnel" avec Claire, Jeanne et Bruno

L'apparition de troubles musculosquelettiques dans l'entreprise est signe d'altération du geste professionnel. Au travers des témoignages de Claire, Jeanne et Bruno, apprenez à repérer comment le geste professionnel peut être affecté.

Pour construire des actions de prévention adaptées, il est essentiel de bien connaître les situations professionnelles vécues. C'est à dire d'aller regarder au plus près du terrain comment s'effectue le travail : quelles sont les actions mise en œuvre par le salarié pour effectuer les tâches de production ou de service qui lui sont confiées ? Quels mouvements, postures et sollicitations mentales sont nécessaires ? Quelles compétences professionnelles sont mobilisées ? Quel type d'engagement implique le travail ? Soit de mieux comprendre ce que l'on appelle "le geste professionnel".

Au travers des témoignages de 3 salariés, Claire (opératrice de conditionnement), Jeanne (aide-soignante) et Bruno (plâtrier), anact.fr vous propose de (re)découvrir les 3 dimensions du geste professionnel et de comprendre comment leur altération impacte la santé des salariés :

Les témoignages de Claire, Jeanne et Bruno

  • les unités de travail comme caractérisation des situations de travail
  • l’analyse rétrospective des évolutions de l’organisation et des actions de prévention
  • l’interprétation de données de santé de la population
  • l’écoute et un traitement approprié des plaintes.

Chacune de ces sources prises séparément est insuffisante. C’est leur complémentarité analysée de façon collégiale qui étayera le diagnostic. Il revient au groupe prévention TMS de structurer son dispositif d’informations, de choisir les données qui lui sont utiles et d’en organiser la remontée.

Soit il les traitera en tant que données brutes, soit il les croisera entre elles pour se fabriquer ses propres indicateurs. Plus l’identification des origines des TMS est précoce, plus il sera aisé d’intervenir et d’obtenir rapidement de bons résultats.

En résumé, les 3 dimensions du geste professionnel sont :

La dimension biomécanique

Schématiquement, le corps est composé d’éléments rigides (os), articulés entre eux par des tissus mous (muscles, tendons, nerfs…). Il est admis que la dynamique de ces articulations est décrite grâce à trois caractéristiques :

  • La répétitivité (reproduction du même geste dans l’espace-temps), notée en nombre d’actions par unité de temps (temps de cycle).
  • L’effort (force déployée pour mettre en mouvement les segments et agir sur l’objet). Difficile à mesurer, il peut être évalué par le salarié directement ou par l’observation de certaines contractions musculaires.
  • L’amplitude (trajectoire réalisée dans l’espace par le membre en mouvement). Pour les articulations, c’est la mesure de l’arc. Elle est alors prise en référence à une position dite « de confort ».

D’une manière générale, plus la répétitivité, l’effort et l’amplitude sont élevés, plus l’appareil musculo-squelettique est sollicité. Dans la réalité, cette relation est plus complexe parce qu’elle est fonction du résultat de cette combinaison dynamique.

Dans un geste, l’une des caractéristiques est parfois prépondérante et peut ainsi suffire à sursolliciter les segments. Cette manière de décrire le geste biomécanique n’est pas adaptée à certaines situations, en particulier pour les positions statiques, sans mouvement apparent. Dans ces cas, il faut considérer le maintien de la posture dans la durée. D’autres facteurs de risque aggravent la situation, notamment l’exposition aux vibrations et au froid.

La dimension cognitive

Le geste est aussi une compétence qui appelle à une mobilisation intellectuelle. Cette dimension du geste désigne la construction de connaissances pratiques qui accompagne la dimension biomécanique. Schématiquement, pour réaliser une action sur un objet ou pour se mouvoir, le salarié procède à des apprentissages successifs. Il construit des gestuelles selon ses capacités physiologiques et sensori-motrices, ses informations sur l’objet et l’espace, son appréhension de l’environnement. Il développe des stratégies gestuelles adaptées à la situation présente.



C’est un processus dynamique, souvent basé sur la capitalisation des expériences successives, au fil du travail et au travers des apprentissages. Chaque geste ainsi répété conduit à une série d’automatismes, libérant plus de disponibilité pour d’autres gestes complexes encore non maîtrisés. Les salariés acquièrent alors non pas « le bon geste », mais bien une gamme de gestes variés dans laquelle ils puisent pour réaliser un geste, celui qui sera le mieux adapté à la situation. Cette gamme évolue, au fil de l’âge, au fil des nouvelles contraintes rencontrées.

La dimension psychique

La dimension psychique traite de la part subjective qui se joue entre le salarié et son travail, au travers des gestuelles. La manière de faire et le résultat obtenu sont d’importance égale pour le salarié : bien faire, en respectant les règles de métier, un bel objet, une prestation de qualité. Cette dimension mobilise les notions de sens et de plaisir au travail, par la relation à l’espace, aux collègues, à l’objet transformé ou au service rendu. Le collectif de travail joue un rôle important dans le sens donné à l’activité et aux gestes déployés. Le regard des collègues comme celui de la hiérarchie participent à la reconnaissance de la qualité des gestes professionnels, ceux par lesquels le salarié signifie aux autres ses compétences et sa personnalité.

Les histoires de Jeanne, Claire et Bruno sont extraites du module de formation en ligne ''TMS : de quoi parle-t-on ?''proposé gratuitement par le CESTP-Aract Picardie. Ce module, que nous vous invitons à découvrir dans son intégralité, propose des exercices pour mieux comprendre les mécanismes d'apparition des TMS et donne une liste détaillée des interlocuteurs mobilisables par l'entreprise pour prévenir les TMS.

close