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Comment maintenir dans l'emploi les salariés atteints d'une maladie chronique évolutive

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Pour les personnes atteintes de maladies chroniques évolutives, garder son emploi est une préoccupation majeure. Un guide et un site élaborés par Aides Sud-Ouest et l’Aract Aquitaine proposent des pistes d'actions pour l'entreprise et les salariés.

HIV, cancer, sclérose en plaques, Parkinson, Alzheimer... Une personne sur deux sera confrontée à une situation de handicap dans sa vie active. Davantage peut être à l'avenir : sur une région comme l'Aquitaine, le nombre d’avis d’inaptitude a augmenté de plus de 60 % entre 2000 et 2005. Par ailleurs, aujourd’hui, 80% des personnes atteintes de maladies chroniques évolutives travaillent. 

C'est dans ce contexte qu'un groupe de travail régional réunissant ergonomes, associations de patients et médecins du travail a élaboré une démarche pluridisciplinaire pour une nouvelle approche du maintien dans l'emploi des personnes affectées.

Appréhender la complexité des situations de travail

La complexité des situations rencontrées par les organisations et les individus a des causes multiples : des réticences dans l’expression de leurs difficultés pour les malades, les représentations véhiculées par ces pathologies, les limites de la prise en compte de la sphère privée dans les problématiques professionnelles, l’inconstance dans le temps des manifestations de ces maladies, la variance des effets secondaires des traitements, etc.

Mais le coeur de la démarche est centré sur l’impact de ces maladies chroniques dans le travail. Les personnes malades se définissent rarement comme handicapées, le retour au travail étant généralement considéré comme une guérison. Cependant, la fatigue physique et psychique est souvent présente, difficile à estimer et souvent invisible pour les collègues et la direction.

Un travail sur la planification horaire peut permettre de pallier la fatigabilité des personnes. En parallèle, des solutions techniques sont souvent préconisées pour tout ce qui concerne les déplacements, les accès au poste et la réduction des contraintes physiques de travail sur le poste.

Même avec ces aménagements, pour atteindre leurs objectifs de travail, les personnes atteintes de maladies chroniques évolutives effectuent des régulations, qui, à terme, peuvent affecter leur santé, leur vie privée et l’organisation du travail de l’entreprise. Par exemple, elles peuvent avoir tendance à compenser leurs difficultés sur le lieu de travail par le travail hors entreprise, souvent avec l’aide d’un proche. Cette activité professionnelle du proche (trajet, travail à domicile, aide...) est rarement prise en compte.

L'impact sur les collectifs de travail

La maladie est une notion purement individuelle. Cependant, les maladies chroniques évolutives peuvent engendrer des retentissements importants sur les collègues. On parle « d’effet invisible », car souvent, les collectifs de travail méconnaissent ou ne voient pas les effets de la maladie et des traitements dans le travail. Il se peut que ces effets perturbent l’organisation du travail sans que le collectif en comprenne les causes. Les modifications de planification et des répartitions de charge sont reportées sur les collègues.

Il est donc recommandé de rester attentif au report de l’activité sur les collègues de travail, de travailler autour de la planification de la charge et de la répartition du travail, et de gérer l’absentéisme.

Une méthodologie pour "l'intervention de maintien"

Pour être durable et globale, la démarche de maintien dans l’emploi doit être pluridisciplinaire. Elle associe à la fois l’employeur, le salarié et le service de santé au travail, et selon les cas, les représentants du personnel, le CHSCT, la CRAM, la MSA, les organismes spécialisés dans le handicap, voire les associations d'aide aux malades.

Pour donner de la cohérence aux différentes actions, il est préconisé de désigner un chef de projet. Ce coordonateur veillera à mettre de la cohérence dans les actions menées et construire les bases d’un langage commun. Tous les acteurs doivent être connus et reconnus par les autres.

Un site et un guide pour l'action

Sous l’impulsion de l’Aract Aquitaine, d’Aides Sud-Ouest, et avec le soutien de l'Anact, un site web et un guide ont été édités à destination des entreprises. Les deux outils présentent la démarche élaborée. Ils permettent également de bien appréhender les différentes situations invalidantes : inaptitude, restriction d'aptitude, déficience, incapacité, ... Les statuts possibles pour les personnes malades, les aides proposées et les acteurs (internes et externes) d'une démarche de maintien dans l'emploi sont également détaillés.