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Comment concilier maladies chroniques évolutives et travail ?
Le défi de concilier maladies chroniques évolutives (MCE) et travail est un enjeu sociétal majeur, touchant près de 15 % de la population active. Ces pathologies, allant du cancer à la sclérose en plaques, se caractérisent par une variabilité de l'état de santé, des symptômes et des effets secondaires des traitements, ce qui impacte fortement la capacité opérative des salariés.
Actualités - Publié le 06 octobre 2025 - Modifié le 14 octobre 2025
Qu’entend-on par Maladie Chronique Évolutive (MCE) ?
Elle se définit selon l'OMS, comme "un problème de santé qui nécessite une prise en charge sur plusieurs années".
Cette définition regroupe des maladies très diverses comme le cancer, le VIH, les maladiesinflammatoires chroniques de l'intestin, le diabète, la sclérose en plaques, les maladies cardio-vasculaires, lestroubles mentaux de longue durée...
De plus en plus de personnes vivent avec ces maladies, qui peuvent générer de fortes répercussions, à plus ou moins long terme, dans la vie quotidienne et professionnelle. De fait, les maladies chroniques évolutives concernent près de 15 % de la population active (Rapport IGAS n°2013-069R, Juin 2013).
Ce sont des pathologies qui peuvent évoluer plus ou moins rapidement dans le temps, avec parfois des complications plus ou moins graves. Elles peuvent se traduire dans certains cas par un risque d’invalidité ou de handicap temporaire ou définitif. Le patient peut connaître des phases de rémission, des phases où les symptômes sont plus ou moins présents, où les effets secondaires des traitements sont plus ou moins ressentis.
Au travail, c’est cette variabilité qu’il s’agit de prendre en compte pour favoriser le maintien dans l’emploi des personnes atteintes de maladies chroniques évolutives.
MCE et travail : quels enjeux ?
Grâce aux progrès de la médecine, la qualité de vie des personnes atteintes de maladie chronique évolutive s’est aujourd’hui améliorée. Néanmoins, ces maladies sont souventinvisibles aux yeux de l’entourage professionnel, alors qu’elles peuvent entraîner une variabilité de la capacité opérative, suivant la variabilité de l’état de santé et de fatigue de la personne malade.
Les MCE peuvent amener à une exclusion du monde professionnel, notamment due à « l’inaptitude » des organisations du travail à gérer les variabilités individuelles induites (fatigue, effets secondaires des traitements, état physique variable, difficulté de concentration, …). Il est bien souvent difficile pour les managers de proximité d’intégrer des paramètres variables (présence / arrêts de travail, fatigabilité, …) dans la répartition quotidienne du travail.
Ainsi, si le maintien dans l’emploi est, à certaines conditions, bénéfique pour les personnes fragilisées, il ne va pas sans poser question : comment aborder avec un salarié des problèmes de santé ? Comment identifier et travailler de façon concertée avec les différentsinterlocuteurs compétents? La prise en charge dans l’entreprise reste trop souvent une approche individuelle ne prenant pas ou peu en compte les conditions de travail.
MCE et travail : comment agir ?
Pour les organisations du travail comme pour salariés atteints de maladies chroniques, la prise en compte des MCE appelle donc une démarche collective de maintien dans l’emploi conduite comme un véritable projet d’entreprise porté par la direction, en concertation avec le CSE.
Pour ce faire, le réseau Anact-Aract a développé une méthodologie permettant de ne pas entrer par la question de la pathologie mais bien par l’impact de la maladie sur le travail. Il s’agira d’outiller les acteurs internes à questionner la compatibilité entre caractéristiques des situations de travail et impact des MCE.
La finalité de cette approche est de concevoir un plan d’action et une méthode d’accompagnement adaptés aux spécificités de l’entreprise, en impliquantles acteurs au fur et à mesure de leur acculturation sur le sujet