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Changer de machine : pour et avec les salariés

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Cas entreprise Mecabourg

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A l’occasion de l’élaboration du document unique, les salariés d’une entreprise agroalimentaire de Guyane identifient les causes de la pénibilité physique et psychologique ressentie dans leur activité quotidienne. L’entreprise entreprend alors de renouveler son outil de production, partiellement financé par le Fonds d’amélioration des conditions de travail.

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Description 

Cette société par actions simplifiée installée en Guyane compte 36 salariés, recrutés localement. Spécialisée dans la transformation de produits laitiers, la production de jus de fruits et d’autres produits agro-alimentaires, elle assure également leur commercialisation. Trois services la composent : les bureaux, la production avec un laboratoire et des zones de stockage sec et réfrigéré. Cette usine de 1800m2 innove quotidiennement sur sa gamme de yaourts en utilisant des produits locaux et en tenant compte des goûts spécifiques de la population locale.

Demande 

Après avoir réalisé en interne le document unique des risques professionnels de l’entreprise, l’ensemble du personnel souhaite réduire, en amont, les risques physiques et de fatigabilité au poste de manipulation de bobines (celles-ci pèsent 180 kg). De même pour la phase de leur transport effectué au moyen de transpalettes.
Sollicitée, l’ARACT Guyane propose d’accompagner la réflexion de l’entreprise et de donner son agrément pour qu’elle puisse obtenir une aide financière au titre du Fond d’Amélioration des Conditions de Travail (F.A.C.T.).

Démarche 

Il n’y a jamais eu d’accidents du travail au service conditionnement ! Pourtant, nombreux y sont les incidents. Les risques sont bien plus insidieux, car davantage psychologiques. Cette fatigue et le stress provoqué par la nécessité d’une extrême vigilance de la part des opérateurs peuvent entraîner alors des incidents de travail, comme des écrasements de doigts, des maux de tête et des lombalgies…

Devant cette situation, le chef d’entreprise a cherché comment il était possible d’améliorer les conditions de travail des cinq agents de conditionnement concernés.


C’est à l’occasion de la réalisation, puis de sa révision, du document unique des risques professionnels, que l’ensemble des salariés, réunis par petits groupes, s’est rendu compte des conditions de travail des uns et des autres. Et tous sont tombés d’accord sur l’urgence de changer l’outil de travail du poste de conditionnement, poste clef pour l’approvisionnement des machines de production.


Pour les cinq salariés concernés, ce n’était pas une surprise car eux savaient depuis longtemps que leurs fatigues psychologiques et physiques venaient de l’utilisation quotidienne d’un gerbeur classique non adapté à la manipulation et au port de bobines (plastique et « décor ») et destiné à approvisionner les machines fabriquant les pots de yaourts. Dans la foulée, des groupes de travail internes à l’entreprise ont été constitués pour élaborer le cahier des charges de la nouvelle machine.

Soucieuse de justifier ses choix, l’entreprise a voulu se faire accompagner dans sa démarche tout en étant soutenue financièrement.

Après divers entretiens avec le personnel et une étude du poste de travail concerné, l’ARACT a validé ce projet de changement technique.


L’entreprise s’est ensuite mobilisée en interne pour rechercher un constructeur susceptible de fabriquer cette nouvelle machine et pour obtenir une acceptation du devis proposé. Cette recherche ne fut pas simple du fait de la précision du cahier des charges et de l’éloignement géographique de cette usine par rapport aux fournisseurs métropolitains. Toutefois cette longue recherche n’a pas altéré la motivation des salariés, qui ont fini par rendre opérationnelle leur solution technique.


Par ailleurs, il a fallu réfléchir a posteriori aux conséquences organisationnelles induites par ce changement. Ainsi, une simulation de travail avec le chariot élévateur à géométrie variable a été réalisée et le groupe de travail a confirmé la nécessité de formation des salariés appelés à l’utiliser. Dans le même temps, cela a permis de confirmer la suppression des risques physiques induits par la manutention et de réduire les troubles engendrés par une attention soutenue au poste de travail.


Au-delà de l’achat d’un chariot élévateur adapté à l’activité, l’entreprise a pu arguer dans son dossier de financement de la mobilisation effective du personnel et y inclure les besoins en formation des agents de conditionnements. Des éléments qui furent attestés par la Direction du Travail, financeur du F.A.C.T. lors de sa visite dans l’entreprise.

Bilan 

C’est la mobilisation de l’ensemble du personnel qui a permis de mettre en évidence un dysfonctionnement au poste de conditionnement et de proposer des solutions techniques et organisationnelles. De plus,une nouvelle organisation s’est mise en place qui va permettre au personnel d’évoluer professionnellement et qui s’est accompagnée notamment d’une formation au nouvel outil.


Très volontariste, l’entreprise a porté ce projet jusqu’à son terme de façon efficace. Suite à la qualité de dialogue interne et au caractère exemplaire de ce projet, une aide financière à hauteur de 30 % pour l’achat du matériel et de 50% pour le coût inhérent à la mobilisation et à la formation du personnel a été attribuée à l’entreprise. Cette dernière poursuit son action en permettant à d’autres entreprises d’adopter la même démarche.

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