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Centres d'appels : la VAE pour valoriser les compétences

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Responsabilité sociale... la formule n’est pas vaine chez Arvato qui a souhaité accompagner dix salariés dans une démarche de validation des acquis de l’expérience (VAE). Constituée autour d’un partenariat institutionnel, l’action a jeté les bases d’un accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

Un titre professionnel de préparateur de commande (niveau cap/bep)... une certification que ces dix salariés d’Arvato, centre d’appels et entreprise de marketing direct rachetée, en 1996, par le groupe Bertelsmann, n’auraient pas envisagé seuls. Arvato, forte de la croissance de l’entreprise passée de 300 à 1 600 salariés en dix ans, a voulu ne pas laisser au bord du chemin des salariés fragilisés par leur âge et leur ancienneté dans l’entreprise.

Animée d’un esprit de responsabilité sociale porté par le groupe, elle a ainsi proposé à dix salariés de mener un projet de validation des acquis de l’expérience (VAE), accompagnés par l’Agefos PME, la direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DDTEFP) et l’Afpa. À la clé : la reconnaissance des compétences mais aussi une dynamique pour l’entreprise qui vient de conclure un accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC).

Rassurer

Concrètement, durant quatre mois, les dix salariés ont été accompagnés par les différents acteurs qui avaient au préalable signé une charte d’engagement (voir encadré). De la constitution du dossier à la remise des diplômes, les salariés ont bénéficié de formations sur leurs lieu et temps de travail, l’Afpa venant assurer ses permanences dans l’entreprise.

L’enjeu : rassurer et permettre la concrétisation rapide du projet. « Nous avions volontairement choisi un secteur un peu morose, celui de la logistique, qui venait de perdre un gros client. Nous avons ciblé un public de seniors qui a compris qu’il était “capable“. Par exemple, certains ont appris à conduire des engins alors que dans la vie, ils n’ont pas leur permis de conduire. Maintenant, ils demandent à aller plus loin et ont sollicité de nouvelles formations » explique Christophe Portois, RRH d’ASF-Arvato Services France.

Initier d'autres démarches

Plus intéressant encore : l’effet boule-de-neige que cette action a produit. Des salariés d’autres services aspirent désormais à faire une VAE. Et l’entreprise en a profité pour boucler un accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences qui permettra de faire le point tous les six mois sur les besoins en compétences, d’identifier les possibilités de parcours, de construire des passerelles entre les métiers...

Le partenariat engagé avec les autres institutions a lui aussi valeur d’exemple : la réussite du projet a tenu dans sa préparation très en amont. Assiba Smara, de la DDTEFP de Lens, le souligne : « Nous avons partagé dès le début nos enjeux particuliers et formalisé l’action des uns et des autres. Nous avons précisément travaillé l’identification des salariés concernés pour éviter de risquer l’échec, tout en repérant un public fragile qui n’aurait pas fait cette démarche seul. »

Bonus pourtant non prévu au lancement du projet : au-delà de la reconnaissance des compétences et du diplôme validé, l’entreprise gratifiera les salariés nouvellement diplômés d’une augmentation de salaire ...

Béatrice Sarazin
Article publié dans le n°317 de la revue Travail & Changement : "La reconnaissance au travail" (Janvier 2008).

 

note: ASF-ARVATO SERVICES FRANCE

Secteur : services
Activité : marketing direct, marketing service, centre d’appels
Effectifs : 1 600 salariés
Région : Nord-Pas-de-Calais