Vous êtes ici

TMS et sens du travail : pour une meilleure reconnaissance de la performance

Cas entreprise Mecabourg

A propos

Référence
135
Catégorie
Secteur d'activité
Effectif
Code APE
Face l’apparition de TMS et à la faible implication de son personnel, cet établissement industriel s’interroge sur l’efficacité de ses politiques de prévention des risques et leurs éventuels facteurs pycho-sociaux.

Ajouter à ma liste de lecture

Qui ? 

Fondée il y a une quarantaine d'années cette société emploie 3000 personnes dans le monde et fabrique des produits pour laboratoires. En 2003, l’entreprise a installé à Marnay, en Franche Comté, dans des locaux neufs, une entité qui produit des pipettes de laboratoire. Le site emploie 44 personnes, dont une trentaine en production. Le procédé de fabrication se décompose en plusieurs opérations dont le conditionnement et l’encartonnage qui fait l’objet d’une réflexion pour une automatisation afin d’éviter le port des bacs à l’occasion du chargement et du déchargement des machines (12 à 16 kg le bac plein).

Quel était le problème à régler ?  

Suite à deux demandes consécutives de reconnaissance de maladie professionnelle (TMS), l’entreprise s’interroge sur l’efficacité de ses politiques. En matière de prévention des risques professionnels, elle met en œuvre régulièrement des actions pour l’amélioration des conditions de travail et la sécurité. En matière de formation, de négociations ou d’information, les efforts ne semblent pas produire les effets escomptés sur l’implication du personnel dans l’entreprise. Dans ce contexte, l’entreprise souhaite connaître les facteurs d’apparition des TMS, biomécaniques ou psycho-sociaux.

Qu’ont-ils fait ?  

La démarche est validée par un comité de pilotage composé des quatre familles d'acteurs du site : direction, encadrement, salariés, instances représentatives du personnel. Réuni au début et au terme de l’intervention, il a pour mission d’assurer une bonne diffusion de l’information relative à l’intervention au sein de l’entreprise, de faire avec les intervenants les choix pertinents des données et situations à analyser, de participer à l’interprétation des résultats et de valider les pistes d’action proposées.

Trois hypothèses de travail sont posées :

Au-delà des aspects biomécaniques, sur lesquels l’entreprise a concentré ses actions de prévention, l’apparition récente de troubles musculo-squelettiques a pu être influencée par des facteurs psychosociaux, qu’ils concernent les aspects relationnels (soutien collectif) dans le travail, le degré d’autonomie et le niveau d’exigence requis.

L’évolution rapide des technologies, les contraintes économiques plus fortes et une exigence de qualité-quantité toujours plus élevée ont pu déstabiliser une partie des salariés et provoquer une perte de repères par rapport au travail et à l’évolution de l ‘entreprise, créant un sentiment de moindre implication.

Malgré des avantages sociaux et salariaux réels, une absence de perspectives d’évolution ou un manque de lisibilité dans les parcours professionnels possibles peuvent contribuer à développer une usure professionnelle, de même qu’un travail monotone et répétitif.



Dans ce contexte, l'objectif de l'entreprise est d'identifier les facteurs qui peuvent générer des dysfonctionnements (conditions de travail, GRH, relations professionnelles et sociales) ; d’apporter des préconisations pour réduire ces dysfonctionnements ; de mettre en mouvement les acteurs de l'entreprise.



En matière de conditions de réalisation du travail, le diagnostic met en évidence : des conditions de travail contraignantes (notamment dans le port de charges) avec un réel souci pour prévenir leurs effets sur la santé des salariés ; une productivité dont la croissance devient coûteuse en temps et en énergie et potentiellement risquée en termes de TMS et de stress ; un contraste entre une « belle usine » investissements machine, croissance) et un fonctionnement dégradé (pannes).



La gestion des ressources humaines fait apparaître des éléments de politique de GRH (entretiens, plan de formation..) qui demandent à être consolidés en termes de moyens et en termes de démarches, méthodes, techniques et outils. Par ailleurs, il n ’y a pas d’identification formalisée des compétences, ce qui ne permet pas leur stimulation et leur développement.



S’agissant enfin des relations professionnelles et sociales, si la culture dominante se traduit par une forte personnalité, une identité professionnelle et une réelle implication dans l’entreprise (volonté de progresser), elle est traversée par des tensions, très souvent inhérentes à des modes de reconnaissance insuffisants. Réel dans l’entreprise, le dialogue social conduit à un bon climat, malgré des points de friction importants : horaires de travail et salaires.

Pour quels effets ?  

L’intervention conclut à la nécessité de faire converger l’enjeu économique et l’enjeu social.

S’agissant des TMS, si les facteurs biomécaniques peuvent favoriser leur développement, les facteurs psychosociaux ne les renforcent pas, grâce à la polyvalence, le soutien technique et émotionnel au sein des équipes et le degré d’autonomie dans le travail.

Les représentations des différentes catégories d’acteurs sur les évolutions en cours sont plutôt convergentes mais leurs finalités sont inconnues, donc sujettes à des interprétations divergentes.

La performance reste peu lisible pour les acteurs de l’entreprise et la reconnaissance repose plus sur une appréciation très subjective de l’identité et peu sur l’activité ou les résultats.



Les possibilités d’évolution professionnelles sont limitées en nombre, notamment en termes de mobilité verticale ou d’ un service à un autre.


Dans ces conditions, les recommandations sont concentrées sur l’information, et la reconnaissance du travail et des compétences.

Au delà du travail engagé par l'entreprise à partir des préconisations (sur l’accord temps de travail, la maintenance et les manutentions), l’intervention aura permis de rapprocher les visions des différents acteurs sur les enjeux économique et sociaux.

Méthodes et outils associés

1
2
3

La situation de crise pandémique actuelle nécessite pour les entreprises de combiner, dans le cadre de la continuité de l’activité, à la fois les m

Prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS) en viticulture

Pour aider les exploitations viticoles à prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS) la MSA Gironde et l’Aract Nouvelle-Aquitaine me

Présentation du questionnaire Evrest

Le questionnaire Evrest est l'un des outils de prévention et guides d’évaluation qui permettent de mieux évaluer les interventions en santé au

close