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Maison Boulanger. Du projet de déménagement au projet d’entreprise
Publié le 08/02/2018

A propos
Publié le 08/02/2018
Vient un moment où l’on ne peut plus pousser les murs. Quand la Maison Boulanger démarre l’aventure en 1986, elle emploie 8 salariés entre le magasin, le camion de tournée et la revente de pains à la base aérienne proche du village. Installée à Colombeyles-Belles, près de Nancy, l’entreprise diversifie peu à peu ses activités. Elle obtient un numéro d’agrément et démarche les grandes surfaces pour commercialiser ses pâtisseries charcutières. Pour cela, un laboratoire a été construit sur le jardin familial et le dernier investissement en date dans... la cour.
Lorsque les enfants reprennent l’entreprise en 2008, ils diversifient encore la clientèle. "Nous avons développé les points chauds et commencé à faire de l’export vers l’Allemagne et le Luxembourg", explique Delphine Boulanger, directrice commerciale et ressources humaines. De son propre aveu, "les laboratoires deviennent très labyrinthiques et peu fonctionnels". Mais surtout, cet outil de production n’est plus en adéquation avec leur projet de développement. "Nous voulons décrocher la norme IFS (International Food Standard), pour pouvoir répondre à nos clients sur le territoire, mais aussi aller à l’export vers les pays nordiques comme la Suède ou la Norvège", souligne-t-elle.
L’option est ainsi retenue de construire un nouveau laboratoire de 1 100 m. "C’est une décision stratègique, nous y investissons notre chiffre d’affaires de 2 millions d’euros", indique Delphine Boulanger. D’où l’importance que les 27 salariés adhèrent à la démarche : "On aura beau avoir un beau bâtiment, s’ils ne s’impliquent pas et ne comprennent pas l’enjeu du projet, cela ne fonctionnera pas", dit-elle convaincue, consciente aussi des problèmatiques de légitimité liées au caractère familial de cette reprise d’entreprise.
Passer un cap en management
Il a fallu deux ans pour que les banques suivent. Ce temps a été mis à profit pour mûrir le projet avec l’accompagnement d’un consultant. "Nous avons montré les plans aux salariés afin que chacun y apporte sa touche, énonce Delphine Boulanger. Concernant les procédés de fabrication, rien ne change. Le travail sera toujours manuel et artisanal. En revanche, nous allons pouvoir par exemple gagner sur tout le temps de manutention qui, à l’heure actuelle, est pas loin d’une heure par jour pour chaque employé". Stocker une palette de lait ne sera ainsi plus un problème. Les travaux sont à présent lancés et devraient s’achever à la fin de l’année.
L’emménagement a eu lieu en janvier 2017 après le pic d’activité des fêtes. "Il nous faut encore passer un cap en matière de management et de communication", estime Delphine Boulanger, l’enjeu étant qu’un projet de déménagement se transforme en projet d’entreprise. Elle a trouvé "enrichissant" de pouvoir échanger avec d’autres entreprises lors de l’Agro Tour. "Il y a aussi des avantages à travailler dans une petite PME", a-t-elle voulu témoigner à propos de cette démarche d’accompagnement.
Avec le soutien de la "Charte nationale de coopération pour le soutien et l’accompagnement des entreprises de la filière alimentaire et de leurs salariés".