Vous êtes ici

Aide à domicile pour tous mise sur l'autonomie des intervenantes

Bloc des outils de page

Envoyer la page par email
Aide à Domicile pour Tous (ADT) 44

A propos

Référence
Catégorie
Secteur d'activité
Effectif
Code APE
L’association “Aide à Domicile pour Tous“ (ADT) 44 accompagne et propose des services auprès des familles, personnes âgées, handicapées et leurs aidants familiaux. En 2017, germe l’idée d’associer usage du smartphone et nouvelle organisation. Objectif : favoriser l’autonomie et la responsabilisation des intervenantes.

Ajouter à ma liste de lecture

Qui ? 

Aide à Domicile pour Tous 44 est une association à but non lucratif située en Loire-Atlantique depuis 1976, membre du réseau national UNA. Elle accompagne tous les publics en perte d’autonomie, en situation de handicap, les enfants et les aidants autour de trois activités : aide à la gestion du quotidien, aux personnes dépendantes âgées et / ou en situation de handicap et aux familles.

Quel était le problème à régler ?  

L’association ADT 44 est passée à la télégestion mobile fin 2017. Les smartphones des intervenants habituellement utilisés pour badger et contrôler les temps sont ici d’abord pensés pour faciliter l’interaction : donner un meilleur accès aux plannings, aux informations sur les bénéficiaires (état de santé, éventuelles problématiques sociales ou familiales…), aux coordonnées des collègues et des contacts utiles. À partir de fin 2017, la direction a souhaité poursuivre dans cette logique en utilisant les smartphones comme un moyen de donner davantage d’autonomie aux intervenantes, notamment dans la gestion de leurs horaires. Les objectifs étant de favoriser davantage la conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle mais également, de réaliser des gains de productivité.

Caractéristiques des conditions de travail

Le secteur des services à la personne est marqué par un taux d’accidents du travail et de maladie professionnelles (AT/MP) très important. ADT essaie de se distinguer en offrant de meilleures conditions de travail. Cette politique est néanmoins rendue difficile par le modèle économique du secteur qui impose des contraintes fortes sur le rythme de travail. Le temps de travail est donc souvent fractionné avec des amplitudes horaires longues (de 7h le matin à 21h le soir) et des temps de latence entre les interventions qui peuvent être importantes (creux en milieu d’après-midi) ce qui génèrent des temps partiels subis et des difficultés en termes de conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle. Par ailleurs, le travail s’effectuant au sein d’un lieu privé qui est le domicile, les actions en matière de prévention des risques professionnels y sont plus difficiles. De plus, l’encadrement rencontre des difficultés à assurer un soutien aux équipes en raison d’une charge de travail importante liée à la planification et aux relations avec les partenaires.

Qu’ont-ils fait ?  

Pour mettre en place cette évolution, le projet « Libérons nos énergies et transformons-nous » est lancé. À travers des expérimentations au sein de deux territoires (Nantes et Guérande), il s’agit de modéliser les nouveaux modes de fonctionnement induits par l’usage des smartphones.

Tout d’abord, des actions sont proposées pour agir sur le temps de travail : favoriser le passage des salariés au temps plein en complétant leurs missions par des fonctions de formation et d’appuis aux collègues, des fonctions de recrutement, des visites aux domiciles des bénéficiaires, mais aussi des fonctions de développement de l’activité par leur participation à des forums, par exemple. Ces temps sont désormais gérables à distance grâce à la télégestion

Il s’agit aussi de revoir l’organisation des plannings en donnant davantage d’autonomie aux intervenantes dans la gestion de ceux-ci. Ils sont désormais envoyés 15 jours à l’avance, donnant ainsi à chacune la possibilité de réagir avant leur communication aux bénéficiaires. Par ailleurs, les intervenantes ont la possibilité de contacter ceux-ci directement en cas de retard, d’absence ou de déplacement d’une intervention.

L’enrichissement du fond des missions, le contact plus régulier avec les bénéficiaires et leur famille, la souplesse dans le planning et une optimisation des temps non consacrés aux interventions à domicile donnent donc de nouvelles marges de manoeuvre. Celles-ci participent à dénouer un tant soit peu les contraintes connues précédemment tout en donnant plus de « corps » à la mission. Coté gestion, la partie informatique du projet a été entièrement externalisée à un prestataire technique.

Le projet a été lancé de manière participative. Les membres du CA, de l’encadrement, les représentants du personnel et des intervenants ont été impliqués. Une journée de lancement a été organisée en mars 2018 rassemblant des représentants de chacune des composantes de l’entreprise. Cette journée a permis d’installer un comité de pilotage, composé de la direction, de représentant du CA et du management, ainsi que des représentants du personnel, chargé de superviser la mise en place des deux expérimentations en prenant les décisions au consensus. Direction et représentants du personnel ont tenu des réunions de proximité sur l’ensemble des sites de l’association pour recueillir les attentes, pendant l’été 2018.

Déroulé du cas

Aide à domicile pour tous mise sur l'autonomie des intervenantes

Avec quels effets ?  

Hypothèse de départ : les salariés pouvaient craindre que les smartphones soient utilisés comme un outil de contrôle et qu’il y ait des problèmes techniques.

Les bilans au bout d’un an d’utilisation sont relativement positifs. Les responsables de secteur sont moins sollicitées par les intervenantes et les usagers, les informations transitant principalement par l’outil numérique. Elles sont donc moins interrompues lors de l’exercice de certaines activités par des appels téléphoniques. Par ailleurs, du temps a pu être dégagé de sorte qu’elles puissent se concentrer davantage sur les relations avec les partenaires. Quant aux intervenantes à domicile, elles se sentent davantage responsabilisées, valorisées et motivées.

Toutefois, quelques limites sont à prendre en compte telles que la volonté de certaines intervenantes de ne pas élargir leur mission aux visites à domicile, ou encore, aux entretiens de recrutement. Ici, la transformation numérique est un moyen au service d’un projet plus large de réorganisation et d’enrichissement des activités, intégrée dans le projet social et économique de l’association avec une forte implication des salariés.

Témoignages

« Quand je suis arrivée, le smartphone était déjà mis en place. Mais j’ai travaillé dans d’autres entreprises où il n’y en avait pas et il faut reconnaitre que c’est très pratique. » déclare une aide à domicile.

« C’est enrichissant d’être acteur, force de proposition, écoutée et de mettre des actions en oeuvre. » déclare une aide à domicile.

Logos FSE

 

 

Méthodes et outils associés

1
2
Expérimenter pour mieux innover

Sollicité régulièrement par les entreprises, le réseau Anact-Aract est aussi conduit à les « recruter » dans le cadre d’expérimentations.

Services à la personne

Comment améliorer les conditions de travail et la qualité du service rendu dans les services à la personne ?

Se former

Lors de cette formation, vous pourrez étudier les transformations numériques du travail de...

close