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Cancer : un état des lieux sur les expositions professionnelles

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Le plan cancer 2009-2013 prévoit la publication d'un document annuel rassemblant les données relatives aux cancers et aux politiques de prévention. Dans son rapport "La situation du cancer en France en 2011", l'INCa livre pour la 4ème année consécutive cette synthèse, avec une section sur les expositions professionnelles.

Rendu public quelques jours avant la Journée internationale de lutte contre le cancer du 4 février, le rapport de l'Institut National du Cancer (INCa) propose un large panorama sur la situation du cancer en France en 2011. Dans un chapitre « Prévention vis-à-vis des principaux facteurs de risque », il traite plus particulièrement de l’environnement et des expositions professionnelles.

Il est d'abord rappellé que l’exposition aux facteurs de risque cancérogènes est mieux connue pour les travailleurs que pour la population générale, les concentrations importantes de polluants auxquelles ils sont exposés à certains postes induisant une surveillance plus ciblée.

Toutefois, peu de chiffres précis et actualisés sont disponibles, même si des estimations existent sur les expositions aux cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) en milieu professionnel ainsi que sur les cancers d’origine professionnelle. L’incidence des cancers d’origine professionnelle est estimée entre 11 000 et 23 000 nouveaux cas par an.

En 2009, 1 830 cas de cancers ont été indemnisés par la Caisse nationale d’assurance maladie, soit une augmentation de 9,1 % par rapport à 2008. Pour l'INCa, cette augmentation traduit un meilleur repérage et une meilleure reconnaissance des cancers d’origine professionnelle, et non pas une augmentation de l’incidence de ces cancers.

Des données incomplètes

Ces pathologies restent néanmoins largement sous-reconnues et sous-indemnisées. D’après l’enquête SUMER 2003, 13,5 % des salariés auraient été exposés à un ou plusieurs facteurs cancérogènes au cours de leur activité professionnelle, soit environ 2370000 salariés. L’enquête SUMER a été relancée en 2009, pour actualiser les connaissances acquises en 2003 et suivre les évolutions des expositions professionnelles, et considérer également les agents de la fonction publique. Les données devraient être publiées prochainement.

Toutefois, la connaissance des expositions professionnelles reste encore très incomplète en France et le degré d’exposition provoquant une augmentation du risque de cancer est également mal connu. La sous-évaluation du recensement des cas entraînant de fait une sous-déclaration de la reconnaissance en maladie professionnelle est liée, notamment, à l’insuffisance d’informations fiables sur l’exposition antérieure du professionnel. Ainsi, doivent être pris en compte :

  • de nombreux facteurs de risques ;
  • la traçabilité incomplète des expositions ;
  • le temps de latence important entre l’exposition et la survenue de la maladie ;
  • la difficulté à évaluer le risque cancérogène : pics d’exposition, effets des faibles doses, expositions cumulées.

Les facteurs de risques 

Dans le domaine de la connaissance des facteurs de risques, l’expertise Inserm portant sur les liens entre les cancers et l’environnement apporte une synthèse d’éléments de connaissances plus spécifiques sur les expositions professionnelles. Pour les neuf localisations les plus fréquentes étudiées par l’Inserm (poumon, sein, ovaire, testicule, prostate, thyroïde, cerveau, mésothéliome, et hémopathies malignes), différents facteurs professionnels sont reconnus, notamment l’amiante, certains métaux, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), le radon, les radiations ionisantes ou le benzène.

L'INCa rappelle également que de fortes inégalités d’exposition aux cancérogènes existent. Ainsi, 70% des salariés exposés sont des ouvriers et 20 % correspondent à des professions intermédiaires de l’industrie et de la santé.

Les hommes constituent 84% des salariés exposés aux cancérogènes, dans la mesure où les secteurs les plus exposés sont essentiellement masculins. Toutefois, les expositions des femmes ont fait l’objet de peu d’investigations.

Cinq secteurs d’activité (parmi 36) concentrent la moitié des salariés exposés (Dares, 2005): la construction (18 % des salariés exposés), le commerce et la réparation automobile (10 %), la métallurgie (7%), les services opérationnels (7%) et la santé (7%).

De fortes disparités existent également dans la mise en œuvre de mesures de prévention des expositions aux cancérigènes entre les grandes entreprises, les PME-TPE (petites et moyennes entreprises et très petites entreprises) les entreprises de sous-traitance et les sociétés d’intérim. Les grandes entreprises disposent généralement de moyens plus importants pour prévenir, traiter et limiter les expositions aux cancérogènes et ont plus facilement recours à l’externalisation des activités à risque, par le biais de la sous-traitance (en France ou à l’étranger).

 

Pour aller plus loin :

 

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