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Caissières : des troubles musculosquelettiques multifactoriels

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Martinique

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Le diagnostic des facteurs de risques de TMS encourus par les caissières d’un hypermarché montre que les douleurs ressenties (lombaires, épaules, cervicales, dorsales...) sont à comprendre par une analyse systémique des risques biomécaniques et psychosociaux. Le risque de TMS n’est pas lié à un seul des facteurs mais à leur cumul.

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Qui ? 

Cet hypermarché emploie plus de 100 salariés répartis dans plusieurs domaines d‘activités : réception, caisse, cellule prix et les différents rayons (boucherie, bazar, crèmerie etc.).

Le service de caisse est composé de 34 caissières (pour 19 caisses, une caisse centrale et un point accueil). Les caissières travaillent selon deux types d’horaires : 25h et 35h hebdomadaires. Plusieurs créneaux horaires sont possibles dans une plage allant de 7h30 à 20h30 ou 21h. L’amplitude quotidienne moyenne réelle se situe entre 4h30 et 6h30.

Quel était le problème à régler ?  

La demande concerne les caissières qui se plaignent de manière récurrente de douleurs dorsales, des épaules et des doigts.

Par l’intermédiaire du DRH et des membres du CHSCT, l’hypermarché sollicite l’ARACT Martinique pour réaliser une étude sur leur situation de travail.

L’intervention comprend une étude ergonomique des postes et de l’activité des caissières pour identifier les différentes contraintes pouvant être à l’origine des plaintes exprimées et une recherche des solutions à mettre en place pour réduire le risque.

Qu’ont-ils fait ?  

L’étude débute par une identification des douleurs ressenties caractéristiques des TMS (problèmes articulaires) ou des dorsalgies. Un questionnaire est administré au près de 31 caissières.



Les réponses montrent que les principales douleurs ressenties sont localisées aux lombaires et aux épaules, puis au dorsal, aux poignets et mains enfin à la nuque. Les douleurs dorsales et cervicales, du poignet et de la main sont prédominantes chez les caissières les plus anciennes et les plus âgées (les douleurs dorsales sont prédominantes chez les plus de 35 ans). Les douleurs des épaules et du bras prédominent chez les moins anciennes.



La recherche des facteurs de risques biomécaniques montre que certains ne semblent pas jouer un rôle prépondérant. C’est le cas de la répétitivité, puisque pendant plus de 50% du temps du travail les articulations n’ont pas les mêmes sollicitations. C’est aussi le cas des postures et les angles articulaires observés. Les postes sont bien conçus. Les zones d’atteinte sont conformes aux normes.



D’autres facteurs représentent un vrai risque. La durée du temps de cycle de 5 secondes (prise d’un produit sur le tapis amont - scannage - dépose sur le tapis aval), intervient sur le risque de TMS du membre supérieur et les douleurs cervicales évoquées. De même, la sollicitation permanente des cervicales (lors des rotations pour un contrôle visuel des articles) est vraisemblablement à l’origine des douleurs les plus fréquemment citées. Enfin, même s’il est moins évoqué par les caissières, le facteur de risque biomécanique le plus important se situe vraisemblablement au niveau des mains et poignets, constamment sollicités.



Pour déterminer les facteurs psychosociaux, un questionnaire de l’INSERM – adapté au travail de caissière – est administré auprès de 24 d’entre elles.

L’analyse des réponses montre que les caissières trouvent peu de satisfaction au travail :



pour 96% d’entre elles le travail n’est pas du tout ou pas suffisamment varié ; 54 % ne se sentent pas reconnues pour le travail qu’elles fournissent.



Malgré cela elles entretiennent de bonnes relations avec la hiérarchie (59%) et les collègues (83%).



Les caissières ont également peu, voire pas d’autonomie notamment pour les pauses « informelles » en cas de douleurs ou de fatigue (car il est difficile d’interrompre une file de clients ou l’encaissement d’un chariot). La pause formelle de 15 minutes ne semble pas non plus permettre une bonne récupération (due de la distance trop longue à parcourir pour atteindre le réfectoire et se restaurer). De plus, les relations clientèles deviennent difficiles à gérer lorsque surviennent des aléas : dysfonctionnements du matériel, problèmes de prix, clients agressifs, ce qui représentent pour les caissières de réelles sources de stress.



Les facteurs psychosociaux déterminés présentent à eux seuls des caractéristiques pathologiques, notamment dans la genèse des affections péri-articulaires et des rachialgies. Associés aux contraintes physiques, ils ont des effets multiplicateurs ou cumulatifs.

Avec quels effets ?  

Les résultats de l’étude seront prochainement présentés au médecin du travail et au CHSCT pour rechercher avec les différents acteurs, les éventuelles solutions à mettre en place pour réduire le risque, dans les dimensions du matériel, de l’organisation du travail, de la formation.



Jusqu'à ce jour, aucune maladie professionnelle n’a été déclarée. La prise en compte et la compréhension des résultats de l’étude par les différents acteurs de l’entreprise et le médecin du travail, ainsi que la recherche concertée de solutions, pourront certainement amorcer et faciliter la démarche de déclaration.

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