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Avec le management, repositionner l’équipe au cœur des discussions sur le travail

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Cas entreprise Mecabourg

A propos

Référence
1065
Catégorie
Secteur d'activité
Code APE
Habituellement, les entreprises qui s’emparent de la question de la prévention des risques psychosociaux (RPS) posent comme finalité de maintenir durablement les individus au travail, d’éviter un absentéisme trop important qui dégraderait la qualité du travail et la santé du collectif en place, de les fidéliser pour éviter un turn-over onéreux…<br> Mais la particularité de cette entreprise, c’est que toutes les personnes partent au bout de deux ans maximum…<br> Le turn-over est leur mission !

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Description 

Cette association s'occupe de l'insertion par l'activité économique; elle est inscrite, au même titre que les autres entreprises, dans le champ concurrentiel. À ce titre, elle assume toutes les contraintes et les devoirs des entreprises de milieu ordinaire: respect du droit des salariés (contrats de travail, niveau des salaires, application des conventions collectives, représentation du personnel, etc.) et des règles de la concurrence.
C'est pourquoi, elle oriente son organisation vers la satisfaction de ses clients et fait valoir des savoir-faire identifiés.

Demande 

L’entreprise a sollicité l’Aract des Pays de la Loire pour l’accompagner dans une démarche de prévention des risques psychosociaux, avec la particularité d’axer la démarche non pas sur les personnes accueillies mais sur les encadrants des chantiers. Le rôle et les missions de l’équipe d’encadrement repose sur la construction de projets personnalisés pour chaque personne accueillie. Elle doit également veiller à leurs conditions de travail et à leur sécurité au travail, au cadrage des missions et à la reconnaissance du travail effectué.

Démarche 

Très rapidement, le directeur et la déléguée du personnel conviennent d’inviter deux autres salariés autour de la table pour mener cette démarche. Le croisement des avis de chacun a fait ressortir des enjeux légaux, de santé, de sécurité et d’amélioration globale de cette mission qui est au cœur de leur métier: accompagner les personnes vers une entreprise classique. Le choix de la méthode s’est donc très sereinement tourné vers «l’intégration des risques psychosociaux dans le Document Unique». La rigueur de la démarche, le fait de travailler le risque psychosocial comme tout autre risque dans l’entreprise, n’en fait pas une démarche à part mais bien un enrichissement d’un travail qu’ils réalisent déjà.

Une première étape de formation a été nécessaire préalablement à toute avancée dans la démarche. Une fois le vocabulaire et des repères méthodologiques partagés, il a fallu «dépoussiérer» le Document Unique, remettre en question sa structuration, le système de cotation, la définition des échelles de gravité et de fréquence, la matrice de criticité et surtout construire le pilotage des actions de prévention. Enfin, il a fallu se mettre d’accord sur l’objet des actions: l’organisation et les conditions de travail, et non un collectif, un individu ou un hiérarchique.

Cette approche du risque psychosocial a permis de questionner les domaines de l’organisation, la transmission des informations, la capacité à réguler des aléas rencontrés sur le terrain, l’écart entre le travail contractualisé avec le client et le travail réalisable sur le terrain, la prise en compte de la diversité au travail par une communication adaptée à tous et la définition du rôle de chacun.

Très concrètement, l’approche par le document unique a permis de:

- Modifier et valider le règlement intérieur et le document unique pour se mettre en conformité avec la réglementation;

- Créer les unités de travail manquantes («administratifs» et «véhicules») pour contribuer à un système de reconnaissance de tous au travail;

- reprendre toutes les unités de travail pour intégrer les RPS; terminer la cotation de l’ensemble des unités et des risques pour les risques santé, sécurité et RPS, pour se donner la possibilité d’identifier puis prioriser les actions en matière de prévention;

- mettre en place une fiche «santé sécurité» par poste de travail, pour responsabiliser les salariés à la démarche de prévention collective;

- travailler les modalités de communication interne, pour renforcer la cohésion de l'équipe administrative et production, pour clarifier le poste de travail de chacun, pour organiser la diffusion de l’information et globalement redonner du sens au travail collectif;

- former l’équipe pour faire face aux réclamations clients, pour diminuer les RPS par l'utilisation de méthodes et d'outils favorisant une meilleure maîtrise de la relation;

- améliorer les outils en place pour les rendre appropriables par tous et adaptés au travail réel (plannings, liste des tâches détaillées par jour, suivi journalier, consignes de travail, bon de commande client, ordre de service…).

Mais surtout, l’entreprise s’est dotée d’un outil de régulation réactif et partagé par toute l’équipe encadrante: une réunion de communication d’1/2 heure par semaine.

Cette rendez-vous hebdomadaire a pour objectif de partager avec l’équipe un point sur le réalisé de la semaine passée et le à faire de la semaine à venir.

Bilan 

Pour poursuivre la dynamique engagée, l’équipe encadrante souhaite, toujours sur un mode concerté et participatif, revisiter entièrement le dispositif d’accueil et d’intégration de tout nouvel arrivant:
«Nous faisons depuis plusieurs mois un travail important sur notre organisation et sur nos conditions de travail, la focale sur l’équipe encadrante a été nécessaire pour remettre les professionnels au cœur des discussions. Nous sommes autonomes depuis deux actualisations du document unique. Nous savons que le passage dans notre structure est court (…) aussi, nous souhaitons le rendre plus efficace et apprenant, c’est aussi de notre responsabilité».


Aussi, au-delà du Document Unique et de la démarche de prévention des RPS, l’entreprise s’engage en 2013 sur le chantier du «Parcours d’intégration». Elle va se réapproprier la méthode proposée par l’Aract:
«L’évolution va être d’associer une ou deux personnes en insertion dans notre groupe de travail, puisque c’est pour le bien être de tous au travail !».

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