Vous êtes ici

Atelier de reliure : la polyvalence pour lutter contre les TMS

Bloc des outils de page

Envoyer la page par email
Cas entreprise Mecabourg

A propos

Référence
456
Catégorie
Secteur d'activité
Code APE
Région
Dans ce petit atelier de reliure, une salariée souffre de troubles musculosquelettiques (TMS). Outre la machine utilisée, l'organisation du travail est en cause avec un travail en série ou à la pièce. L'entreprise décide d'apporter des améliorations techniques sur sa machine à dorure et envisage de développer la polyvalence au sein de ce petit collectif très spécialisé.

Ajouter à ma liste de lecture

Qui ? 

Datant de la fin du XIXe siècle, cet atelier est spécialisé dans la reliure traditionnelle. Ses clients sont divers, allant d'importantes administrations à des particuliers. La société réalise également de la restauration et des objets sur mesure comme des albums photos.

Quel était le problème à régler ?  

Le médecin du travail a constaté que l’utilisation de la machine à dorure à balancier présentait des caractéristiques propres à nuire à la santé du doreur. Ce dernier a connu plusieurs arrêts maladie consécutifs à des problèmes d’articulation du membre supérieur. Cette salariée suit par ailleurs régulièrement des séances de kinésithérapie (soins et conseils de « bons gestes et postures »).

A terme, la survenue de troubles musculo-squelettiques (TMS) récurrents et potentiellement invalidants est à craindre selon le médecin du travail

Qu’ont-ils fait ?  

L'activité de dorure est un travail manuel de précision. La dorure est dite semi-industrielle car elle est réalisée, non à la main, mais à l’aide de la machine à dorure à balancier.

Les commandes sont annoncées au fur et à mesure au doreur qui dispose d'une visibilité sur sa charge de travail globale et les échéances à tenir. Les délais de réalisation sont variables, une urgence pouvant nécessiter d'effectuer la tâche dans la matinée.

Au-delà de ces contraintes temporelles, le doreur dispose d’autonomie et de marges de manœuvre quant à l’organisation de son travail. Il choisit sa stratégie pour découper son activité selon qu’il s’agit de séries ou de pièces uniques.


Les séries constituent le travail le plus fastidieux car répétitif. La préparation de cartons est effectuée pour l’ensemble de la série ainsi que les étapes suivantes. Le doreur explique qu'il limite ainsi le risque d’erreur et qu'il est plus aisé de pratiquer de cette manière. « Cela permet de réduire les réglages et c’est une économie de temps et de travail ». « Une série, c’est plus rapide et plus mécanique ».



Mais cette organisation conduit à passer beaucoup de temps sur la machine à dorure à balancier : une demi, voire une journée complète, et ce, parfois durant une semaine, avec une répétitivité accrue du mouvement et une accélération de la gestuelle.


Lorsque le travail concerne des pièces uniques ou de petites séries, le doreur alterne les postes préparation cartons, balancier, finition répartissant ainsi les contraintes liées à chaque type de poste, ce qui allège de ce fait la pénibilité du poste global.

Le doreur peut à son initiative prendre de mini-pauses pou
r se détendre d’une tension trop forte ou d’un engourdissement des membres.



L’ensemble de paramètres (contrainte temporelle, répétitivité, rythme de travail accentué) renforce le risque d’atteinte de TMS. Ainsi l’organisation du travail adoptée pour les séries qui peuvent être très importantes numériquement est-elle plus pathogène bien que jugée plus efficace et performante que l’organisation par alternance des tâches.



Des pistes techniques sont proposées, d'une part concernant l'aménagement du plan de travail (stabilité, hauteur, éclairage avec lampe d'appoint directionnelle, type de siège), d'autre part, sur la machine à dorure à balancier elle même. Il s'agit notamment de repositionner un levier pour faciliter un geste, ce qui nécessite un travail avec le concepteur et le fabricant de la machine. Un contact sans suite a été pris à cet effet avec la société qui a vendu la machine.

Au delà du simple aspect technique, des questions d'organisation se posent, notamment en termes de polyvalence des salariés.

Avec quels effets ?  

Une piste d'action organisationnelle qui touche le collectif de travail a été évoquée en lien avec le partage des contraintes et la variation des activités. Il s'agit de tendre vers davantage de polyvalence entre les quatre postes de la société.

Cela permettrait des roulements au poste de dorure avec partage des contraintes physiques, et laisserait la possibilité, en cas de délais courts ou de charge de travail importante, de travailler en binôme

Méthodes et outils associés

1
2
3
Prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS) en viticulture

Pour aider les exploitations viticoles à prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS) la MSA Gironde et l’Aract Nouvelle-Aquitaine me

Présentation du questionnaire Evrest

Le questionnaire Evrest est l'un des outils de prévention et guides d’évaluation qui permettent de mieux évaluer les interventions en santé au

guide-evaluation-inrs

L’Anact et l'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles) publ

Se former

Cette formation permet d’acquérir les bases méthodologiques dans le but d'analyser les données...

close