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Appel à contributions "Les transformations du travail dans la fonction publique : expérimentations et perspectives de développement"

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Comment moderniser le fonctionnement des organisations publiques, améliorer le service rendu tout autant que la qualité de l’emploi et des conditions de travail des agents ? Voici le fil rouge des contributions qui sont attendues par l'Anact pour son 7ème numéro de La Revue des conditions de travail.

La réforme de la fonction publique semble perpétuellement à l’ordre du jour de l’agenda socio-politique. Un aperçu historique rapide permettrait sans doute de montrer la permanence des débats qui entourent le statut, le nombre de fonctionnaires et les missions qui leur sont dévolues. La période actuelle renforce cette injonction dans un contexte de finances publiques déficitaires et par la prégnance d’un état d’esprit qui aspire à libéraliser les institutions étatiques. Il est ainsi proposé à l’État de se transformer et de se moderniser, d’alléger ses structures et de les rendre plus efficaces. L’enjeu consiste à améliorer la qualité de service, parfois pour diminuer le poids de la dette publique mais aussi pour dégager des ressources favorisant l’investissement privé et la création d’emploi. 

Mais comment ces évolutions réformatrices se traduisent-elles sur le terrain, là où le service à la population s’élabore et s’assure, là où les agents exercent leurs activités ? Ici aussi, la fonction publique est invitée à transformer son fonctionnement et ses modes d’organisation. Il en est attendu plus de flexibilité, d’efficacité et un meilleur service à un moindre coût. Dans ce cadre, se posent la question de la participation des agents aux processus de changements ainsi que celle des évolutions des modes d’organisation et du travail, liées notamment au développement du numérique. La volonté de développer de nouvelles politiques de ressources humaines et de management mérite aussi d’être questionnée dans le contexte actuel tout comme la mise en place de programmes de prévention des risques professionnels. Les interrogations et les champs d’intervention ne manquent pas dans la situation où les négociations sur la qualité de vie au travail n’ont pu aboutir.

Cependant, mettre en mouvement ce grand ensemble de plus de 4,5 millions de personnes, réparti entre trois grandes fonctions – étatique, territoriale et hospitalière – ne va pas de soi. La fonction publique, ce sont des situations hétérogènes, des métiers qui ne doivent rien les uns aux autres : infirmières, éboueurs, auxiliaires pour la garde d’enfants, enseignants, agents de travaux d’entretien des routes, ingénieurs, fonctionnaires d’État… Ce sont aussi des grades, des filières techniques et administratives qui ne sont pas identiques, rendant le passage difficile, pour les agents, d’une filière ou d’un métier à un autre. La fonction publique n’échappe pas non plus aux différents problèmes qui ont affecté l’ensemble des salariés français : RPS, absentéisme, progression des maladies professionnelles et vieillissement de la population, etc.

Comment assurer, dans ce contexte, un changement socio-organisationnel qui tout à la fois permet de moderniser le fonctionnement des organisations publiques et améliore le service rendu à la population tout en bénéficiant aux agents en termes de qualité de l’emploi et des conditions de travail ? Telle est la question centrale qui anime le lancement du septième numéro de La Revue des conditions de travail. Pour ce faire, seront attendus des articles qui apporteront des éclairages soit conceptuels – fondés sur une réflexion générale – soit empiriques, illustrant des expériences particulières. Il pourra s’agir de contributions qui témoigneront d’expériences réussies ou de tentatives de changements qui apportent un enseignement valable, y compris en montrant les difficultés rencontrées. Au-delà de l’immobilisme souvent dénoncé – et qui est peut être trompeur tant les réformes se succèdent les unes aux autres –, il s’agit de montrer comment les acteurs de la fonction publique (agents et manageurs) s’emparent des problèmes qui sont les leurs pour transformer les situations de travail et les pratiques organisationnelles dans un sens favorable à l’action publique et à la qualité du service.

Les contributions retenues pourront aborder un ou plusieurs des aspects suivants.

La question du changement et du dialogue social

Dans la fonction publique, les réformes sont souvent menées de façon descendante. Il s’ensuit un risque d’opposition entre les concepteurs de projets et les agents. Il est alors aisé de décrire ce blocage comme de la résistance au changement. Cette interprétation est souvent proposée pour caractériser le mal-être qui affecte les acteurs de la fonction publique et l’impossible réforme des services. Quelle est la réalité de cette proposition ? Cette situation reste-t-elle d’actualité aujourd’hui ? Sur quelle base cette opposition peut-elle être surmontée ? De plus, il faut s’interroger sur la capacité du dialogue social à renouveler les cadres de la pratique et à expérimenter des espaces nouveaux de concertation et de négociation, notamment à l’échelon local. Dans cette optique, il est attendu des articles qui pourront relater des expériences d’associations novatrices entre les acteurs pour améliorer concrètement les situations. Ces expériences pourront s’appuyer sur l’observation de nouvelles manières de mobiliser le travail concret effectué par les agents, en liaison avec des changements organisationnels proposés par le management. L’hypothèse sous-tendue par cette approche est que le changement, pour être effectif, doit s’appuyer sur les réalités de terrain. Les agents doivent être impliqués dans les processus de changement ainsi que les acteurs du dialogue social (employeurs, représentants du personnel et syndicats).

Les indicateurs de gestion et de performance

La déconnexion des machineries gestionnaires avec les réalités de terrain est un risque qui pèse sur toutes les grandes organisations. Il est attendu ici des articles qui feront état d’expériences menées pour rapprocher les indicateurs de gestion de ce que vivent concrètement les acteurs de terrain au contact des usagers, des malades à soigner ou des données à traiter. Il est également possible de relater des expériences de recherches d’indicateurs mieux adaptés à la réalité du travail et aux spécificités des services publics.

Les marges de manoeuvre et le rôle de l’encadrement de proximité

L’encadrement de proximité fait face à de nombreuses tensions entre les prescriptions descendantes et la nécessité d’organiser les services. Cette situation est renforcée, dans la fonction publique, par la présence de nombreuses sources de prescriptions : rôle des élus, des filières techniques, des comptes à rendre à de multiples interlocuteurs, présence des usagers dans la réalisation du service, etc. Comment assurer, dans cette situation, un management du travail adéquat ? Comment impliquer les acteurs dans la revalorisation du rôle de l’encadrement de proximité ? Comment mieux associer celui-ci aux conduites de changement et prendre en compte les réalités de son travail ? Sur quelle base le faire et dans quels contextes ? Des articles faisant état d’expériences concrètes, proposant des recommandations précises et des façons de faire seront valorisés.

La qualité du travail et du service rendu à la population

Il est impossible aujourd’hui de ne pas évoquer la qualité du service rendu à la population. Quelles sont les expériences en cours ? Comment faire état d’un renouvellement de la réflexion sur le lien existant entre un travail de qualité (pour les agents) et l’amélioration de la qualité du service à la population ? Les agents sont souvent en contact avec des populations difficiles. Il existe des situations où le manque de moyens humains et matériels rend l’activité difficile. Les enquêtes montrent cependant que les agents restent attachés aux services qu’ils rendent et que cela confère un sens certain à leur action. Comment revaloriser le rôle des agents et poursuivre plus avant cette perspective ? L’enjeu est d’assurer le service non pas en suivant des normes préétablies mais à partir des besoins réels de la population. Les usagers peuvent même être intégrés à l’élaboration des services. Mais comment alors faire le lien entre ceux-ci, le management et les réalités nouvelles du travail ? Comment prévenir les risques professionnels et moduler la charge de travail des agents ?

L’organisation des trajectoires professionnelles : recomposition et difficultés

La GPEC ne s’est diffusée que tardivement dans la fonction publique. Les besoins sont cependant conséquents. L’enjeu consiste à organiser les trajectoires professionnelles des agents tout au long de leurs parcours et à s’assurer que les établissements disposent des bonnes compétences. Des questions de reconversion s’imposent également lorsque des agents ont été affectés à des postes difficiles. Comment anticiper ces évolutions dans le cadre d’une réflexion sur la qualité de vie au travail et le travail ? Comment favoriser la mobilité professionnelle au sein de la fonction publique ? Cette dernière autorise différentes expérimentations locales. Quelle est la valeur de celles-ci et est-il possible de les généraliser ? Comment assurer des transitions professionnelles réussies ? 

La fonction publique n’en finit sans doute pas de se transformer. L’objectif premier de ce numéro de La Revue des conditions de travail consiste à saisir les perspectives de développements qui affectent aujourd’hui ces organisations. Le travail et ses modes d’organisation sont certainement affectés par ces processus de changement. Il faut alors les documenter au plus près des situations. Ce qui s’invente et se développe au quotidien mérite d’être connu à la fois par les tâtonnements inhérents à l’action en train de se faire mais aussi pour la valeur d’exemplarité de certaines innovations organisationnelles. En même temps, ce numéro est ouvert à la controverse. Le sort de la fonction publique dépend de nombreuses décisions et le changement, comme il est souvent rappelé, ne se décrète pas. Telle est l’ambition ultime de ce numéro 7 de la Revue : servir de support pour une meilleure connaissance des phénomènes de changements organisationnels et offrir un vecteur de diffusion pour les expérimentations menées dans les différents terrains de la fonction publique.

Articles attendus

Les intentions d’articles doivent être reçues avant le 1er juin 2017. Les intentions d’articles doivent comprendre le titre de l’article, un résumé d’une page au maximum indiquant la problématique de l’article et la méthodologie utilisée. Le comité éditorial de l’Anact donnera une réponse positive ou négative sous une quinzaine de jours après réception de l’intention. L’acceptation de l’intention d’article ne présume pas de l’acceptation de l’article final. Celui-ci sera évalué par deux personnes désignées par le comité éditorial.

Les articles devront être reçus au plus tard le 15 octobre 2017 à l’adresse suivante : larevuedesconditionsdetravail@anact.fr

La parution du numéro est prévue pour décembre 2017. Les attentes suivantes seront privilégiées : pertinence conceptuelle par rapport à l’objet du dossier thématique de la Revue, qualité de la description du milieu de travail dans lequel l’intervention se situe, capacité de mettre en récit et de problématiser les enjeux sociaux et organisationnels issus de l’observation empirique, attention aux questions de contenus et aux controverses qui ont animé les acteurs en situations pratiques. La Revue entend plus particulièrement valoriser des approches qui relatent des expériences et/ou des tentatives de transformations du travail.

La longueur des articles se situera entre 15 000 et 25 000 caractères espaces compris. Pour toute demande de renseignements sur la Revue ou l’appel à contribution, vous pouvez contacter Thierry Rousseau, rédacteur en chef, à l’adresse suivante : t.rousseau@anact.fr