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Abattoir : un cahier des charges pour anticiper les TMS

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L’atelier de découpe de cette entreprise de production de viande est une source potentielle de TMS. Avant d’y investir en nouveaux tapis de découpe, une intervention met en lumière les conditions – difficiles – de travail et recommande des mesures techniques et organisationnelles pour les améliorer.

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Description 

Cette entreprise de 370 personnes est spécialisée dans l'abattage, le désossage et la découpe de porcs et dans le négoce de viande en gros (bœuf, veau, agneau, volailles et produits de salaison). La société est implantée sur plusieurs sites dont un assure à lui seul 90 % de l'abattage de porcs de la région, soit environ 780 000 porcs par an, représentant près de 70 000 tonnes de viande. Ce site est composé de plusieurs ateliers allant de la porcherie à la plate-forme d'expédition, en passant par l'abattage et la découpe.

Demande 

Prévoyant des investissements importants sur ce site, notamment au sein de l'atelier de découpe, et sur le conseil du médecin du travail, l'entreprise a sollicité l'Anact pour une étude ergonomique des postes de découpe des carcasses, potentiellement sources de troubles musculosquelettiques (TMS). Le souhait de l'entreprise est d'aboutir, à partir du diagnostic de la situation actuelle, à la rédaction d'un cahier des charges pour la conception des futurs tapis de découpe.

Démarche 

Les premières investigations, réalisées avec le concours du médecin du travail, portent sur l'analyse des données médicales. L'intervenant met en avant les différentes pathologies présentes au sein de l'entreprise et la prévalence de pathologies type TMS des membres supérieurs et de pathologies dorso-lombaires.



Ces pathologies touchent plus particulièrement les salariés de l'atelier de découpe, avec une évolution croissante du nombre de plaintes, sans pour autant qu'une maladie professionnelle n’ait été déclarée à ce jour. L'analyse des données démographiques (âges et ancienneté) montre que les salariés touchés par ces pathologies sont relativement jeunes (< 40 ans) et peu expérimentés (< 10 ans) alors que les plus anciens, minoritaires dans l'effectif de cet atelier, sont relativement épargnés.



D'un point de vue organisationnel, le diagnostic pointe du doigt l’hétérogénéité des carcasses de porcs arrivant à l'atelier de découpe et ses conséquences possibles sur la survenue de TMS. En effet, en fonction du type de carcasses à découper, la sollicitation des opérateurs n’est pas la même. Ils s’adaptent en permanence au produit à travailler, ce qui a un impact sur la gestuelle. Les conséquences sont multiples : impossibilité d'anticiper, ré-apprentissage de la gestuelle entraînant une perte de temps laquelle aboutit à une situation à conflit de critères (vitesse/qualité).



D’autres facteurs pouvant intervenir sur la survenue de TMS sont isolés comme les contraintes liées aux horaires de travail (02h du matin jusqu'à 09h) en contradiction avec les rythmes biologiques. S’y ajoutent les contraintes thermiques (températures très basses pour l'hygiène et la conservation des produits). Enfin les entretiens révèlent que certains tâcherons parcourent chaque jour plus de 100km pour arriver sur le site.



L'analyse des postes de travail permet, quant à elle, de caractériser les contraintes physiques auxquelles les salariés de l'atelier de découpe sont confrontés. Il est démontré que les poignets et les mains sont particulièrement sollicités lors de la découpe et les épaules lors de l'évacuation des morceaux sur un tapis aérien et surtout lors de l'accrochage des pièces lourdes sur les balancelles. Le dos est surtout sollicité lors de la découpe, de l'accrochage et du tri et la nuque lors de la découpe.



La nature même de l'activité est ici mise en cause. En effet, la découpe implique l'utilisation d'un couteau et le suivi d'un trajet bien précis pour effectuer un travail de qualité. Cette précision implique une vision adéquate des pièces à découper, d'où la flexion vers l'avant et la sollicitation du dos et de la nuque. Les sollicitations excessives des épaules sont dues à l'accrochage des pièces lourdes à des hauteurs supérieures à 1500mm (40 % des pièces).

Bilan 

Cette intervention a permis de prendre en compte les conditions de travail dans la réflexion concernant les investissements à venir. Des pistes de réflexions ont été proposées tant sur le plan organisationnel (homogénéiser les carcasses en amont de la découpe, créer des fonctions de tuteurs pour transférer les savoirs faire aux plus jeunes, organiser la rotation entre les postes) que sur des aménagements de postes (hauteur des plans de travail, des points d'accrochage). La dernière phase a consisté à accompagner l'entreprise pour la conception du process, notamment par la prise en compte des difficultés mises à jour par le diagnostic.

Mots clés 

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