Introduction
Concernant près d’un salarié français sur trois, le bruit demeure une nuisance majeure en milieu de travail. Bien qu’en diminution constante, il constitue encore en France une cause non négligeable de maladie professionnelle déclarée (plus de 600 par an). En europe, 29% des travailleurs sont exposés à un niveau de bruit élevé pendant plus du quart de leur temps de travail.
Le bruit fait l’objet d’une réglementation précise et de travaux scientifiques nombreux. Néanmoins la mesure de l’exposition des salariés au bruit en condition réelle d’activité est très complexe. Elle demande la contribution non seulement des acousticiens ou des médecins, mais aussi celle des spécialistes de l’analyse du travail.
Cette exigence est renforcée par le fait que le bruit ne constitue pas seulement une nuisance. Il est aussi bien souvent un indicateur très utile dans la réalisation du travail, pour déceler des dysfonctionnements par exemple. Le traitement du bruit doit donc tenir le plus grand compte des transformations du travail qu’il va engendrer.
Plus la prise en compte des contraintes acoustiques intervient en amont d’un processus de changement, meilleures sont les chances d’une réponse efficace et peu côuteuse : elles doivent être intégrées dans tous les projets d’évolutions des espaces de travail, des équipements et des organisations.
La démarche de conduit du changement préconisée par le réseau ANACT s’applique pleinement à la lutte contre le bruit : faire de sa prévention un projet et une dimension de tous les projets, associant tous les acteurs.