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Etude de cas. Comment la maison de retraite Sainte-Victoire s'est attaqué aux TMS

Publié le 23-APR-12 par ANACT | picto imprimante Imprimer
En dépit des aides techniques (lève-malades, chariots de stockage et de convoyage des médicaments,etc.) et des formations mises en place pour prévenir les maladies professionnelles et les accidents du travail, l'établissement Sainte-Victoire doit toujours faire face à de nombreux arrêts de travail. Elle décide alors d’appréhender le problème de manière globale, avec l'aide d'un cabinet conseil en ergonomie.
Image d'illustration de l'article

Présentation de l’entreprise

La résidence médicalisée Sainte-Victoire (13090 Aix-en-Provence) a une capacité d’accueil de 105 lits. Avec 72 salariés en moyenne, l'établissement mise sur la qualité des soins de ses résidents et celle des relations entre ces derniers, leurs familles et le personnel.

En 2008, la Direction de l'établissement est confronté à un turn-over important qui la contraint à réaliser 485 embauches (20 CDI et 465 CDD), les maladies et accidents du travail représentant à eux seuls près de 60 jours d’absence. Cette situation met en tension l’ensemble de l’établissement tant pour la gestion du personnel que pour l’efficacité et la motivation des collectifs de travail. Les effets sur la qualité des services rendus aux résidents sont réels. Il est donc urgent de réagir et de rechercher des solutions adaptées au contexte de l’établissement.

Demande de l’entreprise et thème de l’intervention

Un groupe de travail paritaire est alors mis en place. La Direction et les représentants du personnel souhaitent, sur les conseils du médecin du travail, du contrôleur de la CRAM et de l’inspecteur du travail, engager une étude ergonomique afin d’identifier les causes réelles de ces risques et proposer des solutions pour améliorer les conditions de réalisation du travail.

Elle sollicite les compétences d’un cabinet conseil en ergonomie réputé pour son approche diagnostique globale. Ce dernier suggère une prise en charge financière par le Fonds pour l'Amélioration des Conditions de Travail (FACT).

Démarche

En vue d’une appropriation effective des solutions qui seront issues de l’intervention du cabinet conseil, la Direction souhaite vivement que les salariés, les membres du CHSCT et les représentants dans les groupes de pilotage et de travail, soient impliqués à toutes les phases : depuis l‘analyse globale de l’activité jusqu’à la restitution des observations et la recherche de solutions, en passant par l’analyse détaillée de l’activité de travail.

Une analyse fine des données sur l’absentéisme révèle le caractère particulièrement accidentogène du turn-over. Le bilan 2008 présente un taux de fréquence des accidents du travail suivis d’un arrêt de près de 4 fois supérieur au taux moyen de la branche d’activité des établissements de soins au niveau national. L’étude conduite fait alors apparaître que les principaux accidents sont liés à la manutention de résidents et aux chocs et pincements lors de la manipulation d’objets et d’outils. Et dans ce lot, le rapport cause/gravité laisse entrevoir pour le premier semestre 2009, par exemple, que 27% des accidents occasionnent 97% des jours d’arrêts survenus dans l’établissement, et que cela concerne majoritairement les aides-soignantes. Ce n’est donc pas sans raison que l’intervention ergonomique fait un focus sur cette catégorie du personnel dans la démarche d’analyse des causes profondes de cette réalité avérée.

La méthode de “l’arbre des causes“ est proposée pour objectiver les faits qui ont conduit à tel ou tel accident du travail pour ensuite mettre en place des actions concrètes de prévention dans le cadre plus global de l’organisation du travail. Cette approche est multifactorielle en ce sens qu’elle ne s’enferme pas dans des explications a priori, voire simplistes, ou qui renverraient trop facilement à des comportements purement individuels et subjectifs.

Dans le cas des infirmières diplômées d'Etat (IDE) et aides-soignantes, l’analyse par poste de travail présentant une accidentabilité conséquente décortique le déroulement chronologique d’une journée type : cela commence par le moment des échanges d’informations à la prise de poste en vue de la coordination des soins de nursing et infirmiers, pour continuer avec la distribution des médicaments (dans cet établissement : 209 comprimés le matin, 70 à midi et 142 le soir pour le seul premier étage, plus 113 le matin, 90 le midi et 185 le soir pour le deuxième étage. Soit au total 809 comprimés par jour).

Est alors mise en lumière l’hyper-sollicitation du pouce par rapport à l’index et le majeur dans la pression exercée sur la plaque Manrex lors de l’extraction des traitements. En effet, cette pression impose une rotation cubitale (adduction) du poignet qui est une source plausible de troubles musculosquelettiques (TMS). De même, s’agissant de l’articulation de l’épaule (sollicitée 380 fois/jour), il a été observé une valeur cumulée de l’adduction et de l’antépulsion (élévation et éloignement du coude du tronc) supérieure aux valeurs angulaires préconisées pour limiter les risques d’apparition des TMS. Pas un détail n’a été laissé de côté : les efforts liés au broyage des comprimés, aux formats galéniques, les sortes de stockage autres que Manrex, les rythmes de travail, les diverses contraintes posturales lors de l’administration des traitements et des soins en situation normale ou variable, lors des repas et autres activités.

Le degré de pénibilité du poste d’aide-soignante au cours des soins de nursing est évalué au moyen de la grille nationale AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupe Iso-Ressources) qui prend en compte les capacités physiques et cognitives de la personne âgée. La répartition hétérogène de la charge de travail au sein d’un même type de personnel et entre types, de même que tous les aspects relationnels entre le résident et l’aide-soignante, entre cette dernière et la famille de la personne âgée… tout cela est décortiqué en tenant compte de l’avis des salariés, premiers experts de leurs réalités du travail.

Bilan

L’analyse ergonomique a permis d’identifier un manque de coordination des équipes soignantes lié la présence d’espaces informels qui tendent à isoler une catégorie de soignants. Elle a souligné, du fait de l’absence d’un médecin coordinateur dans l’établissement, le poids de la prescription médicale chez les infirmière diplômée d'Etat (IDE).

Les stratégies d’autorégulation de la charge de travail chez les aides-soignantes sont la plupart du temps inefficaces, et donc sources d’accidents du travail. La mise en lumière des contraintes physiques des postes ainsi que celles organisationnelles et les stratégies managériales a abouti à des préconisations pour améliorer l’ensemble des situations de travail en 3 points :

  • mise en place d’une politique de gestion des absences intégrée dans le projet de l’établissement pour expliciter les conséquences des arrêts de travail et mettre en confiance le personnel
  • amélioration de la coordination des soins en vue d’optimiser le soutien social des soignants
  • réduction de la pénibilité des postes en réinterrogeant les conditions de distribution des soins et traitements dans une stratégie de réduction des manutentions
  • formation permanente du personnel à la prévention des risques professionnels

La mise en œuvre de ces préconisations s’appuie sur une réelle démarche participative avec une hiérarchie intermédiaire désormais impliquée dans l’animation des groupes de travail formels. Une évaluation périodique des résultats est décidée.

 

Cette démarche a bénéficié d'un financement du
Fonds pour l'Amélioration des Conditions de Travail (FACT)

 

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