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L’entreprise est un roman

Publié le 07-DEC-10 par ANACT | picto imprimante Imprimer
La littérature s’intéressant au « travail » était encore récemment l’apanage des experts, chercheurs et consultants. Le « roman du bureau » est devenu, depuis quelques années, un genre à part entière, en progression à chaque rentrée littéraire.
Image d'illustration de l'article

Crise, restructurations, suicides au travail… outre les reportages ou téléfilms récemment programmés sur le sujet, le monde de l’entreprise a donné lieu à l’édition de plusieurs romans à succès cette année. Dans une société où le problème des conditions de travail et de la précarité de l’emploi deviennent de plus en plus prégnants, la vie au travail et son impact sur les conditions de vie des salariés intéressent de plus en plus les écrivains.
Citons « Le chaînon manquant » de Caroline Mondon (2008, AFNOR), un roman industriel basé sur une intrigue policière dans l'univers d'une entreprise française qui fabrique des meubles en bois et en métal de façon traditionnelle. Le fond du propos s'intéresse à l'évolution des métiers de la chaîne logistique, à découvrir les indices du chaînon manquant aux supply chains pour les rendre efficaces et rentables dans une perspective humaniste.
D’autres succès littéraires consacrent le genre cette année.
Thierry Beinstingel avec son « Retour aux mots sauvages » (2010, Fayard), raconte l'histoire d'un téléopérateur dans un univers à la Huxley d'une multinationale française des télécommunications. Le personnage est un senior en reconversion, ancien électricien, plus à l'aise avec ses mains qu'avec sa langue. Il doit désormais s’exprimer  de façon automatique : "Bonjour, ici, Eric, que puis-je faire pour vous ?" ; il doit apprendre le vocabulaire de l'entreprise, du marketing  ; il doit convaincre chaque client de souscrire à des contrats divers à partir d’un discours formaté. Jusqu'au jour où, n'en pouvant plus de cette dépersonnalisation, il décide de rappeler un client, au mépris des règles de l’entreprise. Pendant ce temps, surgissent les premiers cas de suicides...
L'auteur va au delà d'un simple fait divers ; il s'agit d'analyser les répercussions psychologiques d'un changement de travail dans le milieu des seniors ; il est question du mental, mais aussi du corps et du langage.

« L'Enquête » (2010, Stock) de Philippe Claudel, décrit le même contexte organisationnel mais prend une autre orientation. Chargé d'élucider les causes d'une vague de suicides dans une entreprise qui semble ressembler à toutes les autres, l'Enquêteur est investi d'une mission qu'il doit mener à terme comme il l'a toujours fait. Mais très vite des signes d'inquiétude s'emparent de lui.

Un festival dédié au roman d’entreprise:
Notons également que le festival « Les Mercurielles » de Cherbourg a consacré une série de rencontres sur le thème « Littérature et travail ».

Louise Debrusse était présente. Son premier roman, « L’argent, l’urgence » (2006, POL) raconte l’histoire d’une femme qui accepte d’intégrer une grande entreprise pour sortir son couple de la précarité. Ses revenus ne suffisent pas. Son compagnon échoue à trouver un emploi. C’est très bien payé. Que faire d’autre pour leur assurer la sécurité ? Elle n’a pas le choix, croit-elle. L’argent, l’urgence...
Indépendante, habituée à travailler seule dans son atelier, elle découvre l’enfer des relations sociales contraintes, de la hiérarchie, des jeux de pouvoir et d’un travail dépourvu de sens. Elle finira par reprendre, à tous égards, sa liberté.

Nan Arousseau a également participé à ce festival. Il a notamment écrit  « Bleu de chauffe » (2005, Stock) où il a choisi de raconter, un jour de chômage, ses aventures dans le bâtiment.

Tatiana Arfel, forte du succès de son premier roman, « L’attente du soir » (2009, José Corty) a également participé aux échanges. L’auteur y évoque le destin de trois personnages en proie à la souffrance, vivant en marge de la société. Inspirée par des missions en tant que psychologue en entreprise et par son expérience d'employée, l’auteure s'intéresse particulièrement au mal-être psychique et physique lié au monde du travail. Récompensé, 'L' Attente du soir' a reçu le prix Roblès et le prix du Salon du Premier roman


Dans ces ouvrages, les rapports entre les protagonistes mettent en lumière les fonctionnements et dysfonctionnements organisationnels et pointent la dimension psychologique du travail. Cet engouement pour la littérature dans le monde du travail est un moyen parmi d'autres à la disposition des écrivains pour rendre compte de la perception qu'ils ont du monde contemporain.
Mais s’il est difficile, à la lecture d’un roman de percevoir la réelle connaissance qu’a l’écrivain du monde de l’entreprise, le retour d’investigation ou l’autobiographie romancée apparaissent également comme un nouveau genre concernant le travail.

Florence Aubenas, forte de ses compétences journalistiques, a choisi de s’immerger dans le monde de la précarité des demandeurs d’emploi avec pour objectif de « décrocher un CDI ». Masquant son identité et ses qualifications, elle raconte, dans « Le quai de Ouistreham »  (2010, Editions de l’Olivier) sa quête dans une ville de province…

Nathalie Kuperman, ou tout du moins certains personnages de son dernier roman, « Nous étions des êtres vivants » (2010, Gallimard), garde, elle aussi, les deux pieds dans le réel de l'entreprise. Sans doute parce que c'est une expérience vécue qui nous est racontée, celle de l'auteur et du groupe de presse d'où elle fut licenciée de façon brutale.

Marion Bergeron est l'auteure de « 183 jours dans la barbarie ordinaire », (2010, Plon) livre, sans complaisance, son expérience, en  CDD durant six mois, dans une entreprise récemment restructurée (Pôle emploi).

Certains ouvrages, proches de l’essai, ont connu un succès populaire relayé par les médias comme « L’open space m’a tuer » de Alexandre Des Isnards (2008, Hachette). Les auteurs y dénoncent les conditions de travail des jeunes cadres dynamiques en communication ou consulting.

Dans son livre, « Eloge du carburateur : essai sur la valeur et le sens du travail », Matthew B. Crawford décrit la carrière d’un universitaire brillant qui a réussi dans les milieux de la finance. « Au bout de quelques mois, déprimé, il démissionne pour ouvrir... un atelier de réparation de motos. À partir du récit de son étonnante reconversion professionnelle, il livre, dans cet ouvrage, l'une des réflexions les plus fines sur le sens et la valeur du travail dans les sociétés occidentales.  
Mêlant anecdotes, récit, réflexions philosophiques et sociologiques, il montre que ce « travail intellectuel », se révèle pauvre et déresponsabilisant ».

Le Réseau Anact a pris en compte cette nouvelle tendance.
Dans le cadre de la 7ème Semaine de Qualité de Vie au Travail (SQVT) - et pour la cinquième année consécutive - l'ARACT Languedoc-Roussillon, en partenariat avec la librairie SAURAMPS, a organisé un concours de nouvelles sur le thème du travail. Cette année 97 auteurs ont pris la plume, 44 d'entre elles ont été publiées dans un recueil.
 
De son coté, l’ANACT a participé au premier Prix littéraire du Roman d'Entreprise, remis en 2009 par le Ministre du Travail, Xavier Darcos. Son directeur, Jean-Baptiste Obéniche, sera d'ailleurs cette année membre d'un jury de lecture composé de 15 personnalités du monde du travail et de la littérature (télécharger la composition du jury et la présentation des 12 ouvrages en lice).


Le dernier ouvrage de Tatiania Arfel, « Les clous » (2011 , Editions Corti) sortira en janvier. Notons également la parution en février de « Femmes tortues, hommes crocodiles », dix nouvelles sur le monde de l’entreprise (2011, Editions D’un noir si bleu) de Sophie Stern. Le roman d’entreprise semble donc avoir de beaux jours devant lui.

 

Crédit photo Flickr : paulbence

 

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