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Une recherche-action sur les conditions de travail des ouvriers forestiers

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L’Aract Lorraine a mené une recherche-action pour étudier la pénibilité du travail en lien avec la saisonnalité. Des investigations de terrain ont été menées pour
observer et analyser le travail de sylviculteurs et de bûcherons, deux métiers fortement accidentogènes et réputés pénibles.

Cette recherche-action répondait à une orientation du Plan régional santé au travail 2 concernant la population des saisonniers dans l’agriculture. Pour l’Aract, elle avait pour objectifs :

  • d’établir un diagnostic sur ces populations étudiées et leurs conditions de travail,
  • d’analyser leurs parcours professionnels au regard des multiples risques professionnels auxquels ils ont été exposés
  • et de recommander des actions en matière de prévention et de développement des compétences.

Pour comprendre comment l’activité saisonnière structure les différents facteurs de pénibilité et d’usure professionnelle, l’Aract a procédé à des observations et entretiens auprès d’ouvriers de huit entreprises lorraines de l’exploitation forestière. Les interventions ont été conduites par l’Aract, avec l’appui du préventeur Caisse d’assurance-accidents agricole de la Moselle, et du Service de santé au travail de la Mutualité sociale agricole de Lorraine.

Métiers pénibles

Le diagnostic établit que ces ouvriers forestiers font face à des cumuls simultanés d’expositions du fait de leurs activités variées.

Leurs gestes professionnels sont contraints par deux facteurs majeurs :

  • l’environnement naturel : la densité de la forêt, le climat, la faune, les difficultés d’accès et l’état des sols, les trajets domicile-chantier de plus en plus importants liés à un contexte économique tendu ;
  • l’équipement et les outils : les équipements de sécurité entravent parfois l’activité, et rendent le travail inconfortable, la manipulation d’outils de coupe expose les salariés à des risques majeurs et implique des gestes violents avec effort ;

Santé et parcours des sylviculteurs et bûcherons

D’après les données statistiques de la CCMSA, dans le secteur agricole, ce sont les métiers qui comptabilisent le plus d’accidents du travail. Leur fréquence depuis 2000 est stable mais la gravité des accidents croit. De plus la population dans ces métiers est vieillissante.

Les préconisations

Un groupe ad hoc, réunissant la Direccte, la DRAAF, la CAAAM, la CPHSCT, la MSA et l’Aract Lorraine a travaillé à partir du diagnostic et des connaissances propres à chacun. Il a produit des recommandations, en veillant à ce qu’elles soient pertinentes et réalisables pour les acteurs concernés. De nombreuses pistes d’actions ont été dégagées, notamment en matière de développement des savoir-faire de prudence et des mesures de prévention :

  • renforcer la transmission de savoirs prudentiels au même titre que d’autres compétences métier,
  • stabiliser les équipes et proscrire le travail isolé,
  • impliquer les salariés dans le choix d’EPI. Ces pistes d’action sont autant de leviers de l’attractivité des métiers forestiers.

Cette recherche-action a fait l’objet d’une synthèse en 2012 intitulée « Exploitation forestière : le travail n’a plus de saisons ! »