Vous êtes ici

Bien-être au travail. Investir à long terme sur l’échiquier "humain"

Ajouter à ma liste de lecture

Forte de valeurs patrimoniales très ancrées, une société de gestion de portefeuilles boursiers mise sur le bien-être au travail des salariés et sur leur implication dans la vie de l’entreprise. Une vision participative au service des ressources humaines qui, elles aussi, ciblent la performance.

En 2011, la société Financière de l’Échiquier, spécialisée dans la gestion de portefeuilles, a offert un abonnement au Vélib’ parisien à ses salariés. Une façon d’encourager un mode de transport doux et d’inciter à la pratique quotidienne d’une activité physique.

Mais ces seules raisons n’expliquent pas ce geste. Depuis sa création en 1991, Financière de l’Échiquier se distingue par sa gestion du personnel, qu’elle souhaite conforme à sa conception de la finance : «Contrairement aux tenants du “court-termisme”, notre vision du métier est très patrimoniale, à long terme, déclare Stéphane Toullieux, le directeur général. Ceci vaut aussi bien pour nos clients – essentiellement des particuliers et des institutions – que pour nos collaborateurs. Cette approche est d’ailleurs inscrite dans les gènes de l’entreprise, indépendante et détenue en majorité par ses deux fondateurs et à 43 % par ses salariés qui, étant actionnaires, sont aussi propriétaires du projet.»

Qui se sent bien travaille mieux

Dans cette logique, trois « ambassadeurs » salariés sont à tour de rôle invités à participer aux comités de direction. Ce souci de transparence et de participation se retrouve dans la mise à jour quotidienne de l’intranet. Des dispositions « assez rares au regard de la taille de l’entreprise », estime Stéphane Toullieux.

Sa conviction : « Les gens bien au travail sont plus performants. » C’est pourquoi l’entreprise investit dans le bien-être de ses salariés. Ainsi, les locaux comptent une crèche accueillant sept enfants de collaborateurs et une salle de sport avec coach, tandis que des cours de yoga y sont organisés une fois par semaine. Plus étonnant, le toit accueille des ruches – quatre-vingt mille abeilles y produisant chaque année 85 kg de miel. Enfin, la direction réfléchit aux aides à proposer à ses collaborateurs qui souhaitent arrêter de fumer.

Le collectif comme fer de lance

«On nous dit souvent que nous ressemblons à un mini-Google », raconte Stéphane Toullieux qui, toutefois, tient à rectifier : « Des limites sont posées. Ainsi, nous n’avons pas accédé aux demandes de Baby-foot et de coiffeur. Nous nous démarquons plutôt dans notre mode de management en étant moins cyniques, moins anglo- saxons... Pendant la crise, nous n’avons demandé à personne de partir et n’avons pas réduit la voilure de nos initiatives.»

«Ici, la moyenne d’âge est de 35 ans, une génération très citoyenne, très généreuse, ajoute-t-il. En témoigne l’engagement de beaucoup dans la fondation Financière de l’Échiquier, qui œuvre en faveur de personnes en difficulté sociale et professionnelle. Par ailleurs, la faible rotation du personnel me conduit à penser que toutes ces mesures ont un impact positif.»

En conclusion, Stéphane Toullieux répond à ceux qui reprocheraient un inventaire à la Prévert : «Mais alors, il ne faudrait rien faire ?, tout en rappelant la règle du jeu : tout est proposé, rien n’est imposé.»

Caroline Delabroy (journaliste), article paru dans le n°339 de la revue Travail et changement.

 

Pour aller plus loin :

- Accès au site de la Financière de l'Echiquier
- La Financière de l'Echiquier 13ème du classement 2012 des "Great Place to Work"