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Une conférence ''Le travail empêché : en finir avec les risques psychosociaux''

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Lors d'une conférence organisée à Clermont-Ferrand, Yves Clot a développé la thèse de son dernier ouvrage, « Le travail à cœur ». Pour le titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM, il convient d'instituer le conflit sur la qualité de travail dans les entreprises. Le respect du « travail bien fait » est la meilleure prévention contre les risques psychosociaux.

A l'invitation de deux associations, Yves Clot, est intervenu à Clermont Ferrand le 20 janvier 2011 lors d'une conférence sur le thème « Le travail empêché : en finir avec les risques psychosociaux ; le métier une idée neuve ». Titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM, directeur du Centre de recherche sur le travail et le développement, Yves Clot est également l’auteur de plusieurs ouvrages, dont le « Le travail à cœur », paru en 2010 aux éditions La Découverte.

A partir d’une définition du stress au travail, comme généré par des organisations qui ne permettent pas aux individus et aux collectifs de travail de débattre et discuter des visions du « travail bien fait », le chercheur a présenté une analyse en trois points.

1 - Le stress au travail trouve son origine dans des situations de « travail empêché, d’activité rentrée, avortée… ». Il arrive qu'il se créé des écarts entre ce que le salarié souhaiterait effectuer dans son travail, en lien avec sa conception de professionnel sur le « travail bien fait », et ce qu’il est attendu de lui en termes de performance. De ces écarts naissent des situations de stress pour les salariés, confrontés à l’impossibilité de développer leurs pratiques de travail sur la base de ce qu’ils considèrent comme répondant à leurs critères du « travail bien fait ».

2 - Il y a un enjeu à débattre des différentes perceptions du « travail bien fait » en entreprise. Yves Clot souligne qu’une délibération collective sur les visions du travail sera constructeur de la santé, car permettant d’intégrer la variabilité du travail au quotidien. Elle autorise également l’élaboration entre salariés des « compromis collectifs les moins désagréables », et la construction pour chaque salarié d’équilibre entre sa vision de son activité comme professionnel et ce qu’il est attendu de lui, en terme d’objectifs.

Il est donc important que les entreprises ouvrent le débat sur la qualité du travail. Que ce sujet devienne un objet de conflits positifs pour la construction de compromis sur l’organisation et les moyens nécessaires à la performance.

3 - Il faut sortir d’une approche en termes de « risques psychosociaux », pour adopter celle des « ressources psychosociales ». En effet, chercher les ressources plutôt que de s'arrêter sur les risques permet d'identifier les conditions nécessaires à la "bonne réalisation" du travail.

Ainsi, l'analyse de la question de la fatigue prend une autre dimension. Lorsqu'elle est lancinante, elle peut dégrader la vie psychologique : « on n’arrive pas à s’en défaire ». Cette forme de fatigue est générée par les efforts fournis « pour s’empêcher de faire le travail comme on le souhaiterait ». A contrario, la « fatigue intense » est issue d’un travail effectué dans lequel l’individu « se retrouve », c’est à dire que le résultat est défendable à ses propres yeux. L’effort est alors payant : « c‘est de la bonne fatigue » ! Pour conduire son activité, le salarié a pu mobiliser ses compétences, une organisation adaptée, un soutien social parfois... autant d'éléments qui renvoient à ce concept de ressources psychosociales.

 

Ecouter la conférence d'Yves Clot à Clermont Ferrand (conférence organisée par les associations "Le temps des cerises" et "Travail et Culture").

Accès au site de l'ARACT Auvergne | Contact ARACT : Marie Batifoulier |

En savoir plus sur Yves Clot :
- Yves Clot sur France Culture : Travailler mieux ou travailler plus ? - Juin 2010
- Vidéo d'un débat autour du livre d'Yves Clot "Le travail à coeur" - Janvier 2011